Un nouvel épisode de tensions internes secoue la majorité présidentielle. Au cœur de la tourmente, l’Honorable Député national Laddy Yangotikala Senga, élu de Kisangani, dont l’initiative de motion de défiance contre le Vice-Premier Ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, continue de produire des remous politiques. Dans une correspondance officielle du 15 avril 2026 émanant du Secrétariat exécutif national du regroupement politique Dynamique Agissons et Bâtissons (DAB), agissant au sein du regroupement AB, il a été décidé de notifier à l’élu une exclusion temporaire. Le document évoque un manquement à la règle de solidarité au sein de l’Union Sacrée de la Nation, plateforme politique au pouvoir. Cette décision, qualifiée de conservatoire, reste suspendue à l’appréciation finale du Bureau politique du regroupement.
Le ton de la lettre est sans équivoque. Le regroupement condamne l’initiative du Député et s’en désolidarise formellement, rappelant la primauté de la discipline et de la cohésion au sein de la famille politique. Une mise au point qui traduit la volonté de contenir toute dissidence susceptible d’ébranler l’équilibre interne de la majorité.
Parallèlement, la pression politique a conduit à une autre conséquence majeure : Laddy Yangotikala a décidé de démissionner de ses fonctions de présidente intérimaire du parti Action des volontaires pour la relève patriotique (AVRP). Une décision entérinée par le bureau politique de cette formation, qui s’est empressé de clarifier sa position.
Dans un communiqué, l’AVRP insiste sur le caractère strictement personnel de la démarche de la députée, soulignant qu’elle n’engage en rien le parti. La formation politique de Muhindo Nzangi réaffirme ainsi sa fidélité à l’Union sacrée de la Nation, tout en mettant en avant son attachement aux principes de discipline, de cohésion interne et de responsabilité politique.
Au-delà des sanctions et des mises au point, cet épisode met en lumière les lignes de fracture latentes au sein de la majorité, où la gestion des ambitions individuelles et des initiatives parlementaires reste un exercice délicat. La rapidité avec laquelle les structures politiques ont réagi témoigne néanmoins d’une volonté manifeste de préserver la stabilité institutionnelle.
Dans un contexte politique où chaque acte est scruté, l’affaire Yangotikala apparaît comme un signal fort. Au sein de l’Union Sacrée, la solidarité n’est pas négociable, et toute entorse à cette règle s’expose à des conséquences immédiates.
Nathan Mundele
