La fondation Nicole Bwatshia organise, ce mardi 28 novembre 2023, à 15h, au Pullman hôtel, à Kinshasa, sous le haut patronage du Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, le versage du livre «Conflits et guerres au Congo des Grands-Lacs. (1965 à nos Jours) » Du professeur émérite Jean Kambayi Bwatshia. Cet ouvrage se veut une œuvre d’esprit qui retrace les différents conflits qu’a connu la RDC depuis l’accession de Joseph Mobutu au pouvoir jusqu’à l’actuel mandat de Félix Tshisekedi.
Dans cet ouvrage, l’auteur explique le territoire à la fois stratégique et géostratégique que constitue la RDC dans la région des Grands Lacs et dans le monde.
L’ouvrage explique comment la RDC est appelée «scandale géologique». Dans les lignes, l’on explique combien le Grand Congo RDC est connu surtout pour son immense richesse de sol et de sous-sol avec des grands espaces terrestres arables et une variété des minerais en grand stock. Déjà, depuis l’époque coloniale, la RDC menait des guerres qui n’étaient pas siennes. Sous la colonisation belge, le Congo a servi à la métropole et à ses alliés des hommes pour remplir leurs effectifs militaires mais aussi les minerais essentiels à la fabrication des armes.
Après l’indépendance, l’auteur explique qu’en lieu et place d’être sous la domination des métropoles, le Congo, par sa richesse, a attiré la convoitise des multinationales qui se sont servies des pays voisins pour déstabiliser la région.
Le rapport Mapping évoque le recensement et la classification des crimes ; celui fait sur la RDC, on y trouve «La preuve fournie que l’Armée Patriotique Rwandaise, ses rebelles et milices avaient mis à mort des Hutus rwandais à l’aide des houes, de baïonnettes et des haches (…). En outre, ce rapport dresse un état des lieux du système de justice en RDC. Effectué pendant une durée de 12 mois, il établit les incidents les plus graves survenus sur une période de dix ans.»
L’arrivée de Mobutu au pouvoir favorisait bien les Occidentaux. En effet, celui-ci était chargé de mettre une barrière à l’extension du mouvement soviétique en Afrique : « depuis les années de l’indépendance africaines, Mobutu s’est vu confier la mission délicate d’endiguer ou de déstabiliser des régimes anti-occidentaux en s’appuyant sur les mouvements insurrectionnels tout en modérant les positions de mouvements de libération en Afrique australe. »
Pourtant, lorsque Museveni arrive au pouvoir en Ouganda, les Occidentaux voyant Mobutu s’affaiblir font de lui désormais l’homme fort du continent.
Bien avant, le conflit interethnique du Rwanda fait surface. Les tutsi, minoritaires veulent s’accaparer du pouvoir qu’ont fini par détenir les Hutu suite à la Révolution sociale en 1959.
En 1960, suite à cette victoire des Hutu, les tutsi se sentent humiliés et peaufinent alors des plans de vengeance.
Alors en formation aux Etats-Unis, Paul Kagame sera appelé par Yoweri Museveni afin de chasser du pouvoir le hutu Habyarimana. En 1994, l’avion de celui-ci sera détruit par un missile alors qu’il amorçait un atterrissage à l’aéroport de Kigali ; ainsi commencera le génocide rwandais.
Les Hutu, fuyant la vengeance des Tutsi, traversent vers la RDC. Kagame lui, est présenté par les médias internationaux comme « héro » : « pendant ce temps, l’horreur est bien installée dans les rues de Kigali. On en parle très peu dans les médias internationaux, à la place on clame partout ; génocide, massacre des pauvres Tutsi… »
Mobutu voit d’un très mauvais œil la présence des Hutus à l’Est du Zaïre car « il est convaincu que les Occidentaux trouveront là une occasion rêvée d’envahir le Zaïre. »
En 1996, Paul Kagame et Yuweri Museveni envahissent l’Est de la RDC sous prétexte qu’il s’agit d’un soulèvement des Banyamulenge (Tutsi installés au Kivu pendant la période coloniale).
L’époque coloniale et ce, malgré le décret de la métropole fixant la nationalité congolaise réservée à ceux nés des parents congolais.
Pendant le régime de Mobutu, le rwandais Bisengimana profita de sa position privilégiée au sein du cabinet présidentiel pour donner la nationalité zaïroise aux Banyamulenge présents au Congo depuis le 30 juin 1960 ; une loi qui sera plus tard annulée par Mobutu car la nationalité congolaise est une et exclusive. Or, les Banyamulenge avaient déjà la nationalité rwandaise.
La chute de Mobutu a été occasionnée par Laurent-Désiré Kabila avec l’AFDL dont les alliés étaient Kagame et Museveni. Afin de garder le contrôle sur Kabila, Kagame prit soin de placer à ses côtés, James Kabarebe.
Pour accéder à l’aide de ses alliés de circonstance, Laurent-Désiré Kabila signa un accord qui offrait au Rwanda et à l’Ouganda une prime financière après la victoire, 300 km des terres à partir de la frontière mais également des postes au sein de l’administration, l’armée et la police aux Rwandais.
Une fois au pouvoir, il fit face à la pression du peuple qui « amena l’opposant le plus farouche à dire que Kabila est devenu un otage politique des Tutsi. » Il ordonna alors le retour dans leurs pays respectifs de toutes les troupes étrangères et annihila les contrats miniers avec ceux-ci.
Eclata alors la guerre du RCD, elle éclata à Bukavu, au Kongo Central avec la prise de la base de Kitona.
Kabila ne peut respirer qu’après l’aide de la SADC qui repoussa ses ennemis.
Pourtant, le 16 janvier 2001, il fut assassiné dans le palais de marbre et fut remplacé par Joseph Kabila.
Durant le mandat de Joseph Kabila apparait le CNDP avec qui il signera un accord le 23 Mars 2009, qui demandait son intégration dans l’armée congolaise.
Du reste, l’auteur a fait remarquer que l’enjeu de toutes ces guerres a toujours été économique, sous l’œil vigilant de la Communauté internationale.
Pour lui, l’infiltration du Congo a toujours été un des moyens. En effet, tous les groupes armés ont toujours demandé de dialoguer et ont exigé par la suite leur intégration au sein de l’armée tout en refusant d’être affectés ailleurs que dans le Kivu.
Hénoc Akano
