Au cœur d’une vive controverse publique, la réforme des plaques d’immatriculation suscite soupçons, rumeurs et prises de position antagonistes. Pour dépasser les approximations, Zoom Eco, média évoluant en RD. Congo, a conduit une investigation indépendante, fondée sur des documents officiels, des sources institutionnelles et des expertises techniques. Il en ressort que le projet repose sur des bases juridiques et administratives traçables, répond à une problématique réelle de sécurité publique et s’inscrit dans une procédure encadrée, même si le débat politique et citoyen demeure légitime.
Réforme des plaques d’immatriculation : ce que notre investigation révèle
(Par le média Zoom Eco)
*Saisie par les débats suscités autour de la réforme des plaques d’immatriculation et des prises de position contradictoires dans l’espace public, la rédaction de Zoom Eco a décidé de mener sa propre enquête indépendante afin d’éclairer l’opinion. Pendant plusieurs jours, nous avons consulté des documents administratifs, interrogé des sources institutionnelles, approché des acteurs techniques du secteur et analysé les éléments juridiques liés au processus. Voici les principales conclusions de notre investigation.
- Une réforme motivée par un réel problème de sécurité publique
Nos recoupements confirment qu’avant la réforme, le système d’immatriculation présentait de graves failles : absence prolongée d’un cadre contractuel stable, circulation de nombreuses plaques frauduleuses, duplication avérée de numéros d’immatriculation, existence de plaques congolaises proposées sur des plateformes de vente en ligne étrangères.
Plusieurs experts en sécurité routière et en identification des véhicules interrogés estiment que cette situation constituait un risque réel pour la sécurité des citoyens et affaiblissait l’autorité de l’Etat.
- Un premier processus lancé en 2022 effectivement interrompu
Selon les documents consultés et les témoignages recueillis, un premier processus de réforme avait bien été engagé à partir de 2022. Cependant, il a été stoppé pour deux raisons principales : l’absence d’une étude de faisabilité formellement validée, pourtant exigée par la réglementation sur les Partenariats Public-Privé ; des désaccords persistants entre partenaires techniques sur la structuration du projet.
Nous avons pu consulter une correspondance officielle de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP) qui appuie la décision d’interruption du processus initial.
- Sur l’appel d’offres : des validations institutionnelles avérées
Nos vérifications auprès de sources administratives confirment que : le dossier d’appel d’offres a bien obtenu un avis de non-objection de la DGCMP ; les entreprises initialement préqualifiées ont toutes été invitées à soumissionner ; la procédure s’inscrit dans le cadre d’un appel d’offres restreint autorisé par les instances compétentes.
Aucun élément documentaire consulté ne permet d’affirmer que des entreprises auraient été formellement exclues du processus sans base légale.
- Transparence : une procédure validée par plusieurs niveaux institutionnels
Les documents consultés par notre équipe indiquent également que : le plan de passation des marchés a reçu validation ; la procédure a été approuvée par les autorités gouvernementales compétentes. Il ne s’agit pas d’un marché de gré à gré, mais bien d’une procédure encadrée par la réglementation.
Cela n’exclut pas le débat citoyen sur l’opportunité politique du projet, mais sur le plan formel, les actes administratifs existent et sont traçables.
- Sur les coûts : une confusion fréquente entre prix industriel et coût global
Nos échanges avec des spécialistes du secteur (imprimerie sécurisée, traçabilité, systèmes d’identification) confirment une réalité technique : le coût de fabrication brute d’une plaque ne reflète jamais le coût global d’un dispositif d’immatriculation moderne.
Le prix inclut généralement : la production, la logistique internationale, les dispositifs de sécurisation, les équipements de contrôle, les systèmes informatiques associés.
Nous avons également pu vérifier que : la part revenant au Trésor public a connu une augmentation, le prix payé par l’usager a légèrement baissé (de 120 à 115 USD), une nouvelle baisse est programmée.
- Le remplacement des plaques n’est pas immédiat pour tous
Contrairement à une idée largement répandue sur les réseaux sociaux, nos sources concordent sur un point : le changement des plaques ne s’applique pas immédiatement à tous les véhicules.
Une phase transitoire d’environ un an est prévue, ce qui permet une mise en œuvre progressive et limite l’impact brutal sur les usagers.
- Une ouverture réelle aux contrôles et aux audits
Enfin, notre équipe a pu constater que plusieurs documents relatifs au projet sont effectivement consultables auprès des services compétents.
Des responsables administratifs interrogés se disent ouverts à tout audit institutionnel ou parlementaire.
Conclusion générale de notre enquête :
A l’issue de nos investigations, il apparaît que la réforme des plaques d’immatriculation repose sur une problématique réelle, que la procédure s’appuie sur des actes administratifs existants, et que plusieurs critiques publiques proviennent davantage de suspicions que d’éléments documentaires vérifiables à ce stade.
