Après la tenue du tout premier Conclave du Génie Scientifique Congolais, en août 2023, le Gouvernement de la République, par le truchement de Gilbert Kabanda, Ministre ayant dans ses attributions, la Recherche Scientifique, a annoncé, hier mercredi 14 février 2024, une moisson abondante de 47 Projets innovants retenus. Fruits de l’intelligentsia congolaise, ces projets ont pour finalité essentielle de booster le développement de la RD. Congo à partir des secteurs clés de la vie nationale. C’est une première en RDC. Au cours d’un briefing initié, comme d’habitude, par Patrick Muyaya Katembwe, le Ministre de la Communication et médias, sur les antennes de la Radiotélévision nationale Congolaise, le Ministre Gilbert Kabanda a assuré, au cours de son intervention, que ces projets vont effectivement avoir un impact positif sur le vécu quotidien des congolais notamment, en termes d’emplois qui seront générés au moment de leur mise en œuvre, telle que prévue dans le cadre du Budget 2024.
Parmi les Projets retenus, il y a notamment, celui en rapport avec la transformation du manioc pour produire du pain en lieu et place de la farine de blé, la chikwangue enrichie pour lutter contre la malnutrition et le citronil, un procédé consistant à produire un nouveau produit à base de deux plantes locales.
Sur le plan de la Santé, le Professeur Muyembe s’est pointé avec l’Autoclave qui porte son nom, pour améliorer les méthodes de stérilisation des équipements médicaux sur une petite batterie de 12V rechargeable à l’énergie solaire. Il y a également ‘’Albino Care’’, conçu pour protéger la peau des personnes vivant avec albinisme. Un autre projet concerne, par ailleurs, la fabrication de l’huile à base de ‘’Mpose’’, qui va lutter contre la malnutrition. Et, ce n’est pas tout. Car, dans ce même lot de projets phares, il y a, aussi, celui visant à promouvoir, en vue de la commercialisation au niveau de l’étranger, le système de Robot roulage, une conception géniale de Thérèse Kirongozi, une compatriote qui, visiblement, pourrait encore avoir d’autres initiatives.
Ainsi, pour Gilber Kabanda, l’heure est venue d’enclencher un nouvel exode dans le domaine de la Recherche scientifique pour une plus grande compétitivité à l’échelle internationale. Il espère fermement engager, désormais, la RD. Congo dans une nouvelle phase de son envol vers l’émergence, conformément à la vision exemplaire de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, le Président de la République réélu et investi. A la lumière de toute cette litanie de précisions, le financement de toutes ces inventions voltige autour de 600 millions de dollars américains alors que la mise en œuvre sera assurée, dans les jours qui viennent, par le Ministère des Petites et Moyennes Entreprises. Pour lui, l’enjeu de taille est de permettre au pays de se remettre sur les rails et de récupérer sa suprématie au niveau continental, principalement, en matière d’économie.
Vers le réveil du Grand Congo
« jusqu’en 1960, le Congo-Kinshasa était un géant en Afrique parce que nous avions l’économie la plus puissante de l’Afrique noire. Même avant l’Afrique du Sud. Mais, cette puissance-là était tenue par des étrangers, par des scientifiques et des économistes belges qui, en 1960, sont partis. Après ce départ, toute notre économie a commencé à sombrer progressivement parce que ceux qui la faisaient n’étaient plus là. Nous n’étions que nous-mêmes avec notre inexpérience sur les plans économiques, scientifiques etc.
Tous les scientifiques belges étaient partis. Alors, petit à petit, il fallait reconstituer cette intelligentsia scientifique. Dieu merci, nous avons eu des gens formés dans tous les domaines et ils ont commencé, chacun dans son secteur, à chercher des solutions aux problèmes socioéconomiques du pays, dans le secteur privé comme dans le secteur public. A mon avènement à la Recherche scientifique, il y a à peu près dix mois, j’ai appelé ceux qui dirigeaient ces centres publics et privés. Je me suis tout de suite rendu compte que ceux qui dirigeaient ces centres publics n’avaient pas de productions pour des raisons diverses… Mais, des centres des recherches privés m’ont donné de la matière, de la substance pour pouvoir organiser ce que nous avons appelé le Conclave du Génie Scientifique Congolais. Nous l’avons appelé Conclave parce qu’il remplaçait les colons belges qui étaient partis. Et, donc, cette intelligentsia était morte, on fait un conclave pour la remplacer. Et, le remplaçant était le génie scientifique congolais qui, durant soixante ans, s’est reconstitué des cerveaux pour pouvoir prendre en mains la technologie et la science de notre pays », a-t-il indiqué.
Genèse du Conclave
« Ce Conclave a réuni à peu près 300 chercheurs, inventeurs venus majoritairement du pays, de l’intérieur et une partie de l’extérieur. Ils ont exposé leurs inventions. Au bout de trois semaines, nous avons considéré qu’il y avait 126 inventions et innovations qui pouvaient déjà être considérées comme, qualitativement, éligibles à entrer dans l’économie nationale. On a approfondi la sélection et, au bout de deux semaines, on a retenu 47 inventions ou innovations pouvant être déjà consommées comme produits par le peuple congolais dans sept ou huit domaines. Le Président de la République, qui avait inauguré le Conclave et qui l’a clôturé, a donné instructions au Gouvernement qu’à partir de 2024, ces 47 inventions congolaises devaient entrer dans la vie socioéconomique du Congo. Il fallait donc prendre des dispositions, au niveau du Parlement et au niveau du Gouvernement, pour que le congolais commence à consommer les fruits de sa propre production intellectuelle », a expliqué, en gros, l’Ancien Ministre de la Défense.
Associé à cet exercice de redevabilité, le Ministre des PME, Désiré M’zinga, a rassuré, à son tour, qu’il ne ménagera aucun effort pour rendre plus fructueuses toutes ces multiples et encourageantes innovations. Il a assuré, plus loin, que tout est mis en place pour que, cette fois-ci, les congolais retrouvent leur sourire par cette batterie de retombées du tout premier rendez-vous du Conclave du Génie Scientifique Congolais.
La Pros.
