Après l’investiture et les cérémonies des remises-reprises, les différents Membres du nouveau gouvernement s’investissent dans la réalisation des diagnostics. Ils dressent ainsi des états des lieux, se mettent à l’écoute de leurs administrations respectives pour cerner les contours des préoccupations qui les accablent et puis, ils étudient des voies et moyens d’élaborer des politiques appropriées en vue des solutions pérennes. Mais, cette démarche somme toute raisonnable et pensée devrait également tenir compte du temps qui n’est, pourtant, pas l’allié de personne.
Judith Suminwa Tuluka, la Première Ministre, et l’ensemble de son équipe, arrivent aux affaires à environ six mois après les dernières élections du 20 décembre 2023. Ils y trouvent, certainement, des cadavres dans les placards qu’il faudrait, à tout prix, exhumer. Car, l’inertie et la morosité qui ont caractérisé la période pré-électorale ainsi que celle des élections proprement dites et des contentieux, auront tellement contribué négativement à la fragilité des équilibres fondamentaux du cadre macro-économique qu’il devient difficile aujourd’hui, pour tous les congolais affamés, paupérisés et, même, clochardisés, de joindre les deux bouts du mois.
Il est plus que temps d’envisager les moyens d’opposer aux précarités devenues ambiantes, des solutions structurantes à brève échéance pour éviter un chaos généralisé. Or, déjà à ce stade, en l’absence d’un budget indexé en dollar américain, toutes les anciennes prévisions qui, curieusement, n’ont pas été jusqu’ici adaptées, sont loin de conjurer toutes les crises, ni de prendre en compte toutes les nouvelles pérégrinations politiques et socio-économiques nationales en RD. Congo.
Ainsi, comme l’actuel gouvernement, grâce à la loi d’habilitation, peut continuer à agir dans les fourchettes autorisées pendant que les Députés sont en vacances d’ici le 15 septembre 2024, il y a lieu de jeter rapidement un coup d’œil de ce côté-là, au niveau du budget aux lignes et rubriques dépassées, pour y apporter des ajustements nécessaires.
L’urgence s’impose et appelle au sens élevé des responsabilités.
Il y va, d’ailleurs, de l’exigence de la bonne gouvernance que les efforts soient maximisés dans l’optique d’arrondir les angles jusqu’au bout, pour tenter de colmater des brèches, d’arrêter la navigation à vue, de mettre fin à l’hémorragie financière en termes de coulage des recettes et, surtout, de replacer l’orthodoxie dans l’allocation de ces quelques rares ressources encore mobilisables à des dépenses utiles et prioritaires.
Voilà pourquoi, l’épineuse question du train de vie des animateurs des Institutions revient, une fois de plus, sur la surface.
D’où, il y a lieu de réduire sensiblement le nombre des déplacements et celui des délégations dont les sorties du pays ruinent les efforts conjugués pour la réussite, à la fois, du programme d’actions du nouveau gouvernement et, par ricochet, de la vision éclatée en six engagements majeurs pris solennellement par Félix Tshisekedi, le 20 janvier 2024, au Stade de Martyrs, le jour de son investiture après sa réélection.
Marcel Ngoyi