Kinshasa, le 18 avril 2026 – Le Député national Kasanda Katuala Olivier a lancé une vaste mobilisation auprès de ses collègues à l’Assemblée nationale afin de recueillir les 250 signatures nécessaires pour déposer une proposition de révision de la Constitution relative à la binationalité. Cette initiative, loin d’être une simple mesure technique, vise à moderniser le cadre juridique congolais en l’adaptant aux réalités du XXIe siècle, tout en renforçant durablement la souveraineté nationale et en permettant à tous les Congolais de contribuer pleinement au développement du pays.
Concrètement, l’élu propose une approche nuancée et juridiquement rigoureuse : réserver l’exclusivité de la nationalité congolaise uniquement aux fonctions publiques de souveraineté et aux postes de haute sensibilité sécuritaire. Pour illustrer ce principe, il s’agit par exemple de la présidence de la République, des ministères régaliens (Défense, Intérieur, Affaires étrangères, Justice), des postes de commandement dans les forces armées ou de sécurité, ou encore des fonctions judiciaires au sein de la Cour constitutionnelle. Ces charges exigent, selon lui, une loyauté exclusive et une indépendance décisionnelle absolue. Pourquoi ? Parce qu’elles engagent directement l’avenir du pays : une personne qui détient une autre nationalité pourrait, en théorie, se trouver face à un conflit d’intérêts si les directives de son pays d’adoption divergeaient de celles de la RDC. Cette règle n’est pas nouvelle : elle constitue une exigence classique du droit constitutionnel comparé, observée dans la plupart des démocraties modernes et dans près de 49 États africains sur 54. Elle protège l’intégrité de l’État sans pour autant pénaliser l’ensemble de la population.
Pour les 99 % restants des Congolais – qu’il s’agisse de cadres d’entreprises, d’entrepreneurs, de professionnels de la santé, d’étudiants, de chercheurs, d’artistes, de sportifs ou des membres de la diaspora –, la binationalité deviendrait un droit constitutionnel fondamental. « Ce n’est pas une concession accordée à titre gracieux, mais une adaptation rationnelle et nécessaire au paradigme migratoire actuel », explique le député.
Les exemples concrets abondent pour démontrer l’urgence et l’utilité de cette mesure. Un étudiant congolais poursuivant ses études en Europe ou aux États-Unis paie aujourd’hui des frais d’inscription majorés en tant qu’« étudiant international » ; avec la binationalité, il pourrait conserver pleinement sa nationalité d’origine, maintenir un lien juridique et affectif fort avec le Congo et envisager plus sereinement un retour pour mettre ses compétences au service de la nation. Un chercheur congolais travaillant dans un laboratoire de pointe à l’étranger, qui acquiert la nationalité du pays d’accueil pour faciliter ses projets internationaux, pourrait continuer à collaborer avec les universités et instituts de recherche de Kinshasa ou Lubumbashi sans rupture administrative, favorisant ainsi le transfert de technologies et de savoir-faire. Un commerçant ou entrepreneur congolais installé en Afrique du Sud ou en Chine pourrait investir librement au pays, ouvrir des filiales transnationales et créer des emplois sans craindre de perdre sa nationalité d’origine. Un médecin congolais exerçant en Belgique ou au Canada, qui souhaite revenir régulièrement former ses confrères ou investir dans des cliniques privées au Congo, ne serait plus contraint de choisir entre sa carrière internationale et son attachement patriotique.
La réforme profiterait également aux expatriés (qu’ils soient africains, européens ou asiatiques) qui ont fait de la RDC leur seconde patrie. Nombre d’entre eux vivent depuis des années en République démocratique du Congo, y ont fondé des familles, y exercent une activité professionnelle et contribuent activement à l’économie nationale. Ils souhaitent souvent acquérir la nationalité congolaise pour s’intégrer pleinement, mais souffrent d’avoir à renoncer d’abord à leur nationalité d’origine. La binationalité leur permettrait cette double appartenance, renforçant ainsi leur engagement et leurs investissements durables sur le sol congolais.
Kasanda Katuala Olivier met en avant plusieurs motivations profondes et concrètes pour justifier cette réforme. D’abord, l’exclusivité totale actuelle crée une discrimination de fait. Pour le démontrer, il suffit de comparer : les citoyens de 49 pays africains sur 54 (du Ghana au Kenya, en passant par le Sénégal, le Nigeria, le Rwanda ou encore le Congo-Brazzaville) jouissent pleinement du droit à la double nationalité. Un Ghanéen, par exemple, peut obtenir un passeport britannique tout en gardant le sien, voter aux élections de son pays d’origine, y investir librement et y revenir sans perdre ses droits civiques. Le Congolais, lui, se voit imposer une règle plus restrictive que celle de ses voisins africains, ce qui constitue une inégalité juridique flagrante au sein du continent.
Ensuite, cette disposition pénalise directement la diaspora congolaise, estimée à près de 1,8 million de personnes. Ces compatriotes transfèrent chaque année entre 1 et 3 milliards de dollars vers la RDC – des fonds qui financent des projets familiaux, des écoles, des cliniques ou des petites entreprises. Ils contribuent également par des investissements directs et des transferts de compétences. Or, dès qu’un Congolais acquiert une seconde nationalité, il perd automatiquement la sienne. Cette rupture juridique et affective décourage les réinvestissements massifs, les retours temporaires ou définitifs, et l’engagement transnational. La réforme transformerait cette « perte nette de talents » en un véritable brain gain : augmentation des flux de capitaux, intensification des réseaux scientifiques et entrepreneuriaux, et renforcement du lien affectif avec la nation. C’est une optimisation gagnant-gagnant, déjà validée par l’expérience de nombreux pays voisins.
Le député répond également, avec des arguments précis, aux craintes souvent exprimées quant à une possible dilution de la loyauté citoyenne, une atteinte à la souveraineté ou l’ouverture à des ingérences étrangères, particulièrement dans un contexte régional d’insécurité. Ces appréhensions sont compréhensibles, reconnaît-il, mais elles sont empiriquement et juridiquement infondées dès lors que l’on maintient l’exclusivité stricte pour les seuls postes régaliens. La loyauté d’un citoyen ne se mesure pas au nombre de passeports détenus, mais à ses actes concrets en faveur de la patrie. Pour illustrer ce point, il cite l’exemple emblématique des Léopards, l’équipe nationale de football : ces athlètes de haut niveau, majoritairement binationaux, portent nos couleurs avec excellence et fierté sur la scène internationale, remplissant les stades de chants patriotiques et défendant l’honneur du drapeau bleu et jaune. Pourtant, l’article 10 de la Constitution actuelle les qualifie juridiquement d’« étrangers ». Cette contradiction est non seulement hypocrite, mais contre-productive.
Kasanda Katuala Olivier rappelle par ailleurs un risque concret et immédiat : lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2026, la Fédération nigériane a failli obtenir la disqualification des joueurs congolais précisément sur la base de notre exclusivité nationale. Cet épisode a failli coûter à la RDC une humiliation diplomatique et sportive majeure sur la scène internationale. Une réforme permettrait d’éviter de tels incidents tout en protégeant réellement la souveraineté là où elle compte le plus.
Profondément convaincu du caractère patriotique et progressiste de sa démarche, le député lance un appel responsable et urgent à ses collègues : « Parmi toutes les révisions constitutionnelles possibles, celle-ci mérite pleinement notre attention collective. Elle est moderne et met le progrès rationnel au service de la nation. » Une fois les signatures obtenues, la proposition suivra le parcours démocratique normal : examen et vote à l’Assemblée nationale, puis au Sénat, avant un passage au Congrès à la majorité qualifiée des trois cinquièmes.
La Prosperité suivra avec la plus grande attention l’évolution de cette initiative qui pourrait constituer une étape historique dans la modernisation du cadre juridique congolais et le renforcement du lien entre la mère-patrie et tous ses enfants, où qu’ils se trouvent.
