Le Président de la République s’est rendu hier, mardi 11 mars à Luanda, pour un tête-à-tête avec son homologue angolais, João Lourenço, 72 heures avant le sommet de la SADC prévu jeudi 13 mars par visioconférence. Dans la capitale angolaise, il a été question, une fois de plus, de la situation sécuritaire préoccupante dans l’Est de la RDC.
En effet, après le face-à-face d’hier entre les deux Chefs d’Etat, la partie angolaise a annoncé que des contacts seront établis avec le M23. Selon ce communiqué rendu public sur la page Facebook de la Présidence de la république angolaise, l’objectif est visiblement d’arriver aux négociations directes entre la RDC et le M23. Luanda a ainsi annoncé la convocation prochaine d’un dialogue direct entre le Gouvernement congolais et la milice qui contrôle, avec l’appui de l’armée rwandaise, plusieurs localités dans l’Est de la RDC.
«Suite à la brève visite de travail de Félix Tshisekedi à Luanda, la partie angolaise, en tant que médiateur dans le conflit qui touche l’Est de la République Démocratique du Congo, va établir des contacts avec le M23, afin que les délégations de la RDC et du M23 mènent des négociations directes à Luanda dans les prochains jours, en vue de négocier une paix définitive dans ce pays frère », a déclaré la Présidence de la République angolaise, précisant que Tshisekedi et Lourenço «se sont réunis seuls » pour discuter de cette crise.
Pour rappel, la délégation de la CENCO et de l’ECC avait été reçu, bien avant, par le Chef de l’Etat angolais. Ils ont échangé autour de l’initiative du Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RDC et dans la région des Grands Lacs.
Visiblement, la pression diplomatique s’accentue pour tenter de parvenir à une solution pacifique. Le sommet conjoint EAC-SADC, tenu le 8 février, avait décidé de fusionner les processus de Nairobi et de Luanda, deux initiatives axées sur la facilitation du dialogue entre la RDC et divers groupes armés dans l’Est de la RDC notamment, le M23 et sur l’apaisement des tensions diplomatiques entre la RDC et le Rwanda.
Le 24 février, les deux organisations ont nommé l’ancien Président nigérian Olusegun Obasanjo, l’ancien Président kenyan Uhuru Kenyatta et l’ancien Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn comme co-facilitateurs du processus fusionné.
Ce sommet qui réunira les dirigeants de la région, vise à examiner l’évolution de la situation sécuritaire en RDC et à valider les recommandations issues de la réunion extraordinaire de la Troïka de l’Organe de coopération en matière de politique, de défense et de sécurité de la SADC, tenue le 6 mars 2025.
Depuis plus d’un an, le Président Lourenço conduit le processus de paix de Luanda, initié sous les auspices de l’Union africaine (UA), pour tenter de résoudre la crise entre la RDC et le Rwanda.
Dans un communiqué publié avant le sommet, la SADC a indiqué que les participants recevront « des informations récentes sur l’évolution de la situation sécuritaire en RDC » et examineront les propositions issues de la réunion de la Troïka. Ces discussions pourraient déboucher sur de nouvelles initiatives militaires ou diplomatiques pour endiguer la violence dans la région.
La Pros.
