Invité de l’émission Fauteuil Banc de Jean-Marie Kassamba, André Wameso, Gouverneur de la Banque Centrale du Congo a parcouru de fond en comble les questions économiques et monétaires de l’heure dans une atmosphère conviviale. L’appréciation continue du Franc congolais, la politique monétaire mise en place pour consolider son maintien sur le marché de change ont été au rendez-vous des échanges le weekend dernier au sein même de la Banque Centrale du Congo où un plateau spécial a été organisé.
La dépréciation du Franc congolais face au dollar américain observée depuis 2018 en République Démocratique du Congo a eu des conséquences énormes sur les banques commerciales qui n’arrivaient plus à stériliser une somme adéquate en monnaie locale pour respecter la conformité du Ratio qui est de 12%.
«Avec la dépréciation, vous n’êtes plus conforme au Ratio de 12% parce qu’elle faisait que les banques utilisaient un ratio de 9% ou 8%. Cela signifie qu’avec le respect de ce ratio, les banques doivent stériliser 900 milliards de Franc Congolais. Une opération qui se fera sur plusieurs étapes dont la première a commencé au mois de septembre. Et, ça correspondait d’ailleurs à une échéance fiscale. L’échéance fiscale oblige les entreprises à payer leurs impôts en Franc congolais. Ces entreprises viennent chercher du FC qui n’est plus en abondance sur le marché. Et, avec la loi de l’offre et de la demande qui conduit toute composition de prix, le FC devient rare et le dollar abondant sur le marché. Voilà qui explique l’appréciation du Franc congolais », a expliqué André Wameso, Gouverneur de la Banque Centrale du Congo.
Pour lui, l’une des grandes raisons qui expliquait la dépréciation du Franc congolais c’était le fait que les réserves obligatoires cristallisés en franc congolais n’étaient pas actualisé avec le taux actuel.
Pour favoriser cette appréciation du Franc congolais, la BCC a injecté 50 millions de dollars américains sur le marché, a indiqué le patron de la BCC.
« 50 millions de dollars ont été injectés sur le marché. La BCC a 7 milliards de dollar de réserve de change. Elle est donc capable d’injecter de la liquidité en devise sur le marché ce, grâce à ses réserves », a-t-il clarifié l’opinion publique sur l’origine des fonds injectés sur le marché pour favoriser cette appréciation.
«Renouvellement de confiance en la monnaie locale »
Rendre la confiance de la population en sa monnaie en montrant que c’est une monnaie qui a de la valeur constitue l’approche efficace de la BCC après une longue période de dépréciation du FC face au dollar américain.
La confiance reprise dans le chef de la population congolaise fera en sorte que cette dernière reprenne « les transactions en monnaie locale au regard de sa valeur sur le marché ».
Moyens à utiliser pour le maintien de la stabilité de cette appréciation
«C’est avec les instruments de la politique monétaire de la Banque Centrale du Congo, notamment le taux directeur, le coefficient de réserve obligatoire, les réserves de change qui sont en constitution présentement pour solidifier l’économie nationale », a-t-il mentionné.
Encouragement à l’utilisation du FC
Face à la vacillation du FC que l’économie nationale congolaise a connu les mois derniers, le patron de la BCC encourage la population congolaise à utiliser la monnaie locale en lieu et place de la devise étrangère.
« J’encourage notre population à utiliser le Franc congolais », a-t-il encouragé.
Il sied de rappeler que l’appréciation d’une monnaie est une augmentation de la valeur d’une monnaie par rapport à une autre sur le marché de change. Une augmentation qui peut s’expliquer pour plusieurs, comme les changements de politiques gouvernementales, les taux d’intérêt, les balances commerciales et les cycles économiques.
Nommé depuis le 23 juillet 2025 et entré en fonction depuis le 24 août de l’année en cours, l’économiste Gouverneur s’est directement activé pour bouger les lignes du cadre macroéconomique en vue d’offrir une appréciation et une stabilité à la monnaie nationale : le Franc Congolais. Un avènement qui produit déjà ses résultats sur le marché de change après seulement trois mois de sa prise de fonction.
César Nkangulu
