La délégation de Kinshasa et celle de l’AFC/M23 arrivées en début de semaine à Doha sont obligées de rebrousser chemin après l’annonce de suspension de ces pourparlers. Cette 6ème session des discussions devait régler du retour des réfugiés congolais.
Déjà au niveau des chiffres, les négociateurs peinent à se mettre d’accord. Il faut d’abord régler la question des chiffres. Le Rwanda hébergerait près de 137 000 réfugiés congolais et burundais sur son territoire.
Cependant, d’après le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés, le HCR, environ 80 000 Congolais vivraient aujourd’hui au Rwanda. Mais pour Kinshasa, le problème reste l’identification : les autorités congolaises affirment ne pas connaître avec précision ni le nombre, ni l’identité de ces réfugiés.
En attendant, il faut mettre en place le comité d’accueil chargé de préparer les retours. Surtout qu’on ne peut pas rapatrier des réfugiés dans une zone encore en conflit avant d’insister que le retour des réfugiés dans les zones aujourd’hui sous administration du M23 ne pourra avoir lieu qu’après le cessez-le-feu, la restauration de l’autorité de l’État et la vérification de la nationalité des candidats au retour.
Face à ces préalables, la médiation a préféré surseoir ce 6ème rendez-vous pour s’occuper de Gaza. Le porte-parole des affaires étrangères qatarie, Majed Al Ansari, a expliqué que le Qatar concentre désormais ses efforts diplomatiques sur les pourparlers concernant la crise à Gaza, ouverts en Égypte et où le Premier ministre qatari est fortement impliqué.
Et de rappeler que Doha est engagé dans plus d’une dizaine de processus de médiation à travers le monde, allant du Yémen au Darfour, en passant par la RDC. Il a souligné que ces processus impliquent des concessions et des amendements de toutes les parties, tout en tenant compte de points jugés inacceptables dans les propositions d’accord reçus.
Ce nouvel arrêt des travaux est le 6ème depuis le début des négociations du Qatar. Aucune date n’a été prévue par la médiation. Les observateurs avertis voient dans cette attitude du médiateur, un certain découragement étant donné qu’après 6 rencontres, c’est toujours le statu quo.
La Pros.
