Signé à Washington sous la médiation du président américain Donald Trump, l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda continue de susciter vives réactions, controverses et interrogations. Alors que certains acteurs politiques saluent un pas vers l’apaisement dans la région des Grands Lacs, d’autres dénoncent un accord précipité, incomplet et déconnecté des réalités du terrain.
Parmi les voix, figure celle de Stéphane Muadi Van, président du Mouvement des Réformateurs Congolais (MRC), patriote engagé et personnalité socio-politique congolais.
Dans un podcast publié ce le jeudi 10 décembre, Muadi Van se montre catégorique :
« Cet accord n’en est pas un. C’est simplement un succès politique pour Donald Trump, pas une victoire pour la paix. »
Un accord signé alors que les rebelles sont toujours actifs
Pour Stéphane Muadi Van, l’élément le plus inquiétant demeure la présence toujours active des rebelles M23/AFC, soutenus selon lui par le Rwanda. Il juge incohérent de parler de paix alors que les forces hostiles contrôlent encore des zones stratégiques des deux Kivus.
« On ne peut pas prétendre à une paix durable alors que l’ennemi est encore sur le sol congolais, renforcé et déterminé. »
Le leader du MRC estime que l’accord n’aborde pas des questions essentielles, Qui répondra des crimes économiques commis par le Rwanda ?
Quelles garanties existent pour le retrait réel du M23 ? Où sont les mécanismes judiciaires pour les massacres commis depuis 30 ans ?
Une critique sévère contre Trump et Tshisekedi
Muadi Van accuse Donald Trump d’avoir voulu se présenter comme l’artisan d’une paix “express” dans la région des Grands Lacs :
« Trump veut montrer qu’il a apporté la paix seul. C’est faux. On ne répare pas 30 ans de guerre, de massacres et de déplacements en claquant des doigts. »
Il dénonce également ce qu’il qualifie de faiblesse diplomatique du président Félix Tshisekedi, qu’il estime marginalisé lors de la signature de l’accord.
Il pointe notamment : la priorité accordée au Rwanda par l’émir du Qatar lors de sa tournée régionale, la mise en scène diplomatique à Washington où Kagame aurait été placé au centre de l’attention, l’absence de progrès réel sur le terrain après la signature.
Pour lui, ces signes montrent que Kinshasa n’a pas pesé dans les négociations, et que la RDC reste vulnérable face aux enjeux internationaux autour de ses ressources naturelles.
Une paix « fragile et illusoire »
L’acteur politique va plus loin :
« Cette paix est fragile. L’avenir me donnera raison. Il ne peut y avoir de vraie paix tant que Kagame est au pouvoir et que Tshisekedi dirige la RDC. »
Il rappelle que malgré les accords : la RDC a perdu de vastes portions de son territoire à l’Est, plus de 150 groupes armés continuent d’opérer, la présence de forces étrangères (notamment ougandaises) demeure, l’État islamique est actif dans certaines zones, des violences, enlèvements et enrôlements forcés continuent chaque jour.
Selon lui, rien n’a changé et « le grand gagnant de cet accord reste Paul Kagame ».
Opposition à un éventuel “dialogue national”
Stéphane Muadi Van rejette l’idée d’un nouveau dialogue national : « Les dialogues, on en a connus beaucoup. Ils n’ont rien changé. C’est perdre du temps et de l’argent. »
Un appel à la vigilance nationale
En conclusion, Muadi Van appelle le peuple congolais à une vigilance accrue :
« L’ennemi est encore en puissance sur notre sol malgré l’accord signé. Mes propos sont durs, mais ils sont vrais. Le Congo doit ouvrir les yeux. »
Un discours sans concession qui vient alimenter le débat national autour d’un accord de paix jugé historique par certains… mais profondément insuffisant, voire dangereux, par d’autres.
Bosco Kiaka
