(Par Eric Kamba)
Après la Déclaration conjointe du 23 avril entre les représentants du Gouvernement congolais et de l’AFC-M23 relativement aux premières négociations de Doha et la Déclaration des principes signée le 25 avril à Washington sous l’égide du secrétaire d’Etat américain Marco Rubio entre les Gouvernements congolais et rwandais à travers leurs ministres respectifs des Affaires étrangères, Déclaration consécutive à la rencontre, le 20 mars à Doha, entre les présidents congolais et rwandais sous la médiation de l’émir du Qatar, la RDC et le Rwanda examinent, sauf imprévu, ce 02 mai à Washington, un premier projet d’accord de paix qui aura été élaboré par le biais des canaux existants (UA, CEA, SADC, etc.).
Mais avant cette étape ultime, CADA invite le Gouvernement congolais à faire des clarifications sur le document précédent, en l’occurrence la Déclaration des principes, qui suscite des récriminations de la part d’un bon nombre de Congolais dont les principes arrêtés leur semblent antinomiques. C’est notamment l’affirmation de la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale de la RDC alors qu’il se dessine en même temps un partage des ressources stratégiques au profit d’investisseurs américains sous prétexte d’intégration régionale et le lancement et/ou l’élargissement de la coopération des Parties (RDC et Rwanda) sur des priorités communes telles que le développement hydroélectrique, la gestion des parcs nationaux, la réduction des risques liés aux chaînes d’approvisionnement en minéraux et la mise en place de chaînes de valeur minérales transparentes, formalisées et licites de bout en bout (de la mine au métal transformé) reliant les deux pays, en partenariat avec le gouvernement américain et les investisseurs américains.
En plus de ce qui s’apparente à un éventuel partage des ressources entre la RDC et le Rwanda sous la bénédiction des Etats-Unis, CADA constate que les Congolais sont aussi irrités par le fait que l’on parle de la paix alors qu’il n’y a dans la Déclaration aucune évocation aux crimes de guerre, aux viols massifs et aux massacres documentés par les Nations unies, bref aucun mécanisme de réparation n’est envisagé. Par ailleurs, ils ne comprennent pas comment peut-on lutter contre les groupes armés sans relever, par exemple, le rôle du Rwanda, dont l’on a exigé le retrait de ses troupes de la RDC, dans le soutien au M23.
De ce qui précède, CADA pense que le Gouvernement congolais a le devoir de clarifier des zones d’ombres qui jettent l’écume sur la Déclaration des principes sans, bien entendu, dévoiler ses stratégies pour la manche à venir. Ce qui pourrait apaiser, dans une certaine mesure, les Congolais qui s’inquiètent.
Toutefois, CADA rappelle à l’opinion que les Parties n’en sont qu’au niveau des principes qui ne constituent pas en soit l’accord, mais plutôt des énoncés des règles reconnues généralement en droit international. Il en appelle ainsi aux négociateurs congolais d’avoir la tête froide et de prendre en compte toutes les réserves émises par leurs compatriotes pour déboucher sur un accord reflétant leurs désidératas après une guerre de trente ans qui a donné lieu, en plus d’une crise humanitaire innommable, à une dizaine de millions de morts et de déplacés.
Fait à Boston, le 28 avril 2025
