La RDC doit-elle continuer à subir ou se donner les moyens de reconquérir sa pleine souveraineté ? C’est, en substance, l’interpellation lancée par Germain Kambinga dans sa nouvelle analyse de la situation sécuritaire du pays, postée sur son compte X. Face à une déstabilisation qui perdure depuis près de trois décennies dans l’Est, le leader du Mouvement Centriste Congolais appelle à sortir des postures de résignation et des divisions politiques. Il met notamment en lumière deux expressions fortes : « l’opposition en armes » et « l’opposition en larmes », deux attitudes qui, selon sa lecture, contribuent chacune à leur manière à fragiliser l’élan national.
Pour Germain Kambinga, la crise congolaise ne peut être regardée uniquement à travers le prisme de l’agression extérieure. Il estime qu’elle interpelle également les Congolais eux-mêmes. Certains, soutient-il, seraient directement impliqués dans la déstabilisation du pays, tandis que d’autres, par leurs prises de position ou leur silence, contribueraient à diviser l’élan national au profit d’intérêts politiques particuliers.
C’est dans ce contexte qu’il forge cette formule ‘’d’opposition en armes’’ et ‘’d’opposition en larmes’’. La première renvoie, dans son analyse, à ceux qui choisissent la voie armée et participent à la confrontation contre l’État. La seconde désigne ceux qui, sans prendre les armes, restent dans la dénonciation, la lamentation et la contestation, sans participer suffisamment, selon lui, à l’effort collectif de reconstruction et de défense du pays.
25 milliards USD contre 75 millions
L’ancien Ministre de l’Industrie pousse plus loin son raisonnement en mettant en parallèle les moyens dont dispose aujourd’hui la RDC et ceux d’avant l’avènement du Président Félix Tshisekedi au summum de l’Etat. Avec un budget qu’il situe aujourd’hui autour de 25 milliards de dollars, contre environ 75 millions de dollars en 1998, Germain Kambinga pose une question qui se veut surtout historique et générationnelle : que dira le Congo à ses enfants s’il venait à renoncer à défendre son intégrité territoriale alors que ses moyens ont considérablement augmenté ? Pour lui, cette progression budgétaire doit nécessairement s’accompagner d’une montée en puissance de l’État, de ses institutions et de ses capacités à défendre le territoire national. Il ne s’agit donc pas seulement, dans sa lecture, de disposer de ressources financières. Encore faut-il, selon lui, transformer ces moyens en une véritable capacité d’action et en une ambition nationale à la hauteur des défis auxquels le pays est confronté.
La Pros.
Réflexion de Germain Kambinga
Si la RDC est dans cette situation depuis 30 ans, avec cette déstabilisation permanente du Rwanda, c’est notamment parce que de nombreux Congolais pensent que c’est une situation acceptable. Certains l’acceptent dans l’action, en se rendant complices et acteurs de la déstabilisation, sur le lit du sang de nos compatriotes et au prix d’une humiliation sans nom de la nation qui est la nôtre. D’autres pèchent par omission en adoptant des discours qui divisent l’élan national, au motif de défendre leurs intérêts politiques et leurs ambitions. Le roman national congolais nous narre les exploits et la résistance de nos aïeux. Notre hymne national vante le travail, la liberté, la dignité, l’abnégation et la résistance comme fondements de la réalisation de notre destinée.
Alors, avec 25 milliards de dollars de budget, soit un bond du simple au quadruple, et des perspectives qui laissent espérer encore des hausses continues de nos capacités, comment expliquerons-nous à nos enfants qu’avec 400 fois plus de moyens que Mzee Kabila, dont le budget en 1998 était de 75 millions de dollars, nous avons préféré capituler et vivre sans l’Est, sans avoir vaincu le Rwanda, sans avoir redonné au Congo sa place de puissance sous-régionale, régionale et africaine ? Je prétends que le Congo peut gagner, je prétends que le Congo ne peut pas capituler, je prétends que le Congo a tout pour gagner et que seule notre volonté globale, entièrement tendue vers ce but, rendra cette victoire possible.
Je prétends que les Rwandais ne sont pas plus braves que les Congolais, je prétends que les Rwandais ne sont pas plus intelligents que les Congolais, je prétends que le Rwanda ne peut pas nous vaincre et balkaniser notre pays.
