A l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, l’Association Congolaise des Femmes Journalistes de la Presse Ecrite (ACOFEPE) a, une nouvelle fois, interpellé le Gouvernement congolais sur la nécessité urgente de rendre un hommage national aux 22 journalistes assassinés en République Démocratique du Congo entre 1994 et 2021.
Malgré l’acceptation formelle du plaidoyer par le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, en novembre 2023, la reconnaissance officielle de ces professionnels comme Martyrs de la liberté de la presse demeure à ce jour sans suite concrète. Aucune avancée significative n’a été enregistrée, et le dossier semble relégué au silence administratif.
Pour Grâce Israëlla Mambu Kangundu Ngyke, présidente de l’ACOFEPE et initiatrice de ce plaidoyer mémoriel, ce mutisme gouvernemental est une insulte à la mémoire des journalistes tombés dans l’exercice de leur métier : « Nous ne demandons pas une faveur, mais un acte de justice symbolique. Le sang de nos confrères et consœurs ne doit pas couler dans l’oubli. »
L’ACOFEPE réitère ses trois axes majeurs du plaidoyer : La reconnaissance nationale posthume des journalistes assassinés comme Martyrs de la liberté de la presse ; L’érection d’une stèle commémorative dans la capitale, en leur mémoire et une réparation judiciaire et symbolique en faveur des familles des victimes.
Ce 3 mai 2025, loin d’être une simple célébration, est pour l’ACOFEPE un moment de combat mémoriel et d’engagement citoyen. Elle appelle à la mobilisation des acteurs de la société civile, des organisations de défense de la liberté de la presse, et de tous les citoyens épris de justice, afin que cette demande ne reste plus lettre-morte.
« Nous poursuivrons ce combat jusqu’à ce que justice soit rendue et que les journalistes tombés soient honorés comme ils le méritent : en héros de la démocratie », conclut Grâce Israëlla Mambu Kangundu Ngyke, fille du défunt journaliste Franck Ngyke Kangundu.
Soulignons que cette journée a été proclamée par l’assemblée générale des Nations-Unies en 1993 suivant les recommandations adoptées lors de la 26ème session de la conférence générale de l’UNESCO en 1991, rappelle aux gouvernements du monde la nécessité de respecter leur engendre en faveur de la liberté de la presse.
Arielle Shinda
