(Par Jean Aimé Mbiya Bondo Shabanza, MPA)
Vice-président fédéral et Représentant adjoint en charge de la politique et de la diplomatie
Fédération des USA et Autorité de référence de la coalition des nationalistes « Ne jamais trahir la RDC.
Introduction
La République Démocratique du Congo (RDC) se retrouve à un carrefour politique crucial alors que le Président de la République envisage la mise en place d’un gouvernement de l’union nationale. Cette initiative soulève des questions fondamentales sur les choix des acteurs, leur légitimité, et les impacts potentiels sur la stabilité du pays. Au-delà des discours d’unité et de réconciliation, il devient impératif d’examiner la continuité de la mauvaise gestion et la présence de pratiques néfastes qui sapent les fondations même de nos institutions et de notre société. Pourquoi persiste-t-on à nommer des gestionnaires ayant déjà prouvé leurs limites ? Qu’est-ce qui les rend si indispensables, et comment le népotisme et le clientélisme altèrent-ils nos choix politiques ?
Le dilemme du mauvais casting : un choix surprenant
Il est difficile de comprendre pourquoi le chef de l’État et ses collaborateurs optent systématiquement pour des individus qui ont déjà démontré leurs limites en matière de gestion. Ces choix semblent défier toute logique rationnelle et soulèvent des interrogations quant à la motivation véritable derrière eux. Est-ce que ces personnes ont quelque chose de spécial ? Ont-elles touché à la « soutane de Jésus Christ » pour être perpétuellement maintenues en poste, malgré leurs manquements ? La réponse à ces questions laisse souvent présager une volonté de conserver un statu quo qui privilégie les relations personnelles au détriment de l’intérêt général.
Cette situation est d’autant plus frustrante pour ceux qui font preuve de compétence et de patriotisme. La RDC regorge de cadres qualifiés au sein de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) qui sont négligés au profit d’individus souvent associés à des pratiques de favoritisme. Cela entraîne un dynamisme positive qui s’efface devant la pérennité d’un système clientéliste et corrompu, souvent perçu comme une marque de loyauté envers certains cercles de pouvoir.
Népotisme et clientélisme : des entraves à la performance
Les effets néfastes du népotisme et du clientélisme ne se limitent pas à la sélection de gestionnaires incompétents. Ce sont des pratiques qui corrodrent le tissu même de la gouvernance. Quand ceux qui occupent des postes stratégiques ne sont pas choisis sur la base de mérites objectifs mais de relations personnelles, cela crée un déséquilibre qui nuit à l’efficacité administrative. Les véritables patriotes, souvent relégués au second plan, se voient ainsi privés d’opportunités en faveur de personnes qui, bien que moins compétentes, sont mieux placées sur l’échiquier politique.
Cette dynamique engendre une spirale de l’inefficacité qui se manifeste par un absentéisme dans la prise de décisions importantes, une lenteur bureaucratique et un manque de vision stratégique. Les gestionnaires doivent être redevables à la République, agissant non pas selon leurs intérêts personnels, mais par un engagement envers le bien-être de la population. Cela nécessite un changement paradigmique qui refonde les relations de travail au cœur même des institutions.
Un contrat de performance : un impératif pour la gestion publique
Pour contrer les dérives du népotisme et du clientélisme, il est urgent d’instaurer un système où chaque gestionnaire est tenu responsable de ses performances. Un contrat de performance pourrait être un outil puissant dans la mise en œuvre de cette exigence. Les gestionnaires devraient être évalués non seulement sur leur capacité à accomplir des tâches, mais aussi sur leur aptitude à instaurer une culture de responsabilité et de transparence au sein de leurs équipes.
Ce type de contrat devrait comporter des objectifs clairs, mesurables et alignés sur les besoins du pays. Il permettrait non seulement d’accroître la responsabilité des gestionnaires, mais aussi de renouveler la confiance des Congolais envers leurs institutions. En effet, lorsque les citoyens voient des résultats tangibles, leur foi dans la gouvernance et leur engagement envers la nation peuvent se renforcer. Il est temps de tourner la page d’une gestion où le manque de responsabilité prévaut et de privilégier un cadre où les compétences, le patriotisme et l’intégrité sont au centre des préoccupations.
Conclusion :
Pour une gouvernance nationale authentique
La RDC se trouve à un tournant déterminant. La capacité de réussir une réelle union nationale dépend de la volonté du chef de l’État d’opérer un changement radical dans son approche de la gouvernance. S’engager à écarter le népotisme et le clientélisme au profit d’une gestion basée sur le mérite et la compétition juste est impératif. L’avenir de la nation nécessite des acteurs qui soient réellement investis dans le bien-être collectif, et non des personnes qui s’accrochent à un passé révolu de favoritisme et d’inefficacité.
Cela implique de prendre des décisions courageuses, même si elles peuvent s’avérer impopulaires, en plaçant l’intérêt national au-dessus des relations personnelles. La promesse d’un avenir radieux pour la RDC passe par la nomination de gestionnaires capables, redevables et patriotes, prêts à contribuer à la construction d’une nation forte et unie. Le changement est possible, mais il requiert une volonté politique sincère, un engagement envers l’éthique et la responsabilité, et une vision claire qui place la République Démocratique du Congo au cœur des décisions.
