Des affrontements ont été signalés au Nord et Sud-Kivu deux jours après la signature de la Déclaration de principes entre la RDC et les rebelles de l’AFC/M23, document qui est censé conduire à un accord global d‘ici le 18 août prochain. Intervenant au cours du Journal d’Afrique sur TV5 Monde mardi 22 juillet dans la soirée, Jacquemain Shabani, Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires Coutumières de la RDC a reconnu succinctement les défis énormes qui restent à relever dans l’applicabilité de cette première Déclaration entre son Gouvernement et les rebelles de l’AFC/M23. Raison de l’engagement de son Gouvernement dans ce processus de paix avec toute responsabilité.
Cette signature de la Déclaration de principes, qui est intervenu le 19 juillet dernier à Doha, n’a cependant pas empêché cette coalition rebelle de mener des attaques dans les régions du Nord-Kivu seulement deux jours après. Aux yeux de nombreux observateurs et de l’opinion publique, cela est perçu comme un aveu d’échec. Jacquemain Shabani apporte des clarifications en justifiant cela comme faisant partie des défis en termes de difficultés et enjeux qui accompagnent l’applicabilité de ce document dûment signé entre les deux parties.
«Non, ce n’est pas un aveu d’échec parce que nous sommes conscients que construire la paix n’est pas une chose aisée. Effectivement, la guerre c’est quelque chose de facile à faire, mais c’est pour cela que la République Démocratique du Congo s’engage dans ce processus de paix avec toute responsabilité. Elle est consciente de toutes les difficultés et des enjeux. Le plus important c’est le bien-être de nos populations. C’est ce qui fait que nous avons consenti librement à cette phase de signature d’un accord de principes qui a aussi pour valeur de réaffirmer l’engagement et la volonté des parties», a-t-il déclaré.
Un processus en plusieurs étapes qui, selon les observateurs, ne devrait plus mettre trop de temps pour parvenir à la signature de l’accord global prévue pour le 18 août prochain. Le Vice-Premier Ministre congolais en charge de l’Intérieur a rappelé l’engagement et la volonté de l’Etat du Qatar, en tant que médiateur, d’amener les parties aux conflits à faire taire les armes afin d’établir une paix durable dans l’Est de la RDC et dans la sous-région des Grands lacs.
«C’est une procédure sur laquelle la médiation nous a inscrit et je crois qu’elle a choisi de faire ainsi au regard de l’environnement auquel le conflit est géré au niveau des différents processus régionaux, sous régionaux et internationaux qui sont engagés de mettre fin à ce conflit armé, un conflit trentenaire répété à différents cycles. Il a voulu que les parties puissent déterminer cette volonté d’engagement à mettre fin à cette activité de conflit armé et à s’engager dans un processus qui va établir une paix mais qui soit durable pour mettre fin à ce cycle de violence qui a duré trop longtemps», a-t-il rappelé en substance.
Le doute sur la trêve dans ces régions sous occupations des rebelles continue à alimenter la toile. Pour le VPM Jacquemin Shabani, la signature de l’accord global dans les prochains jours « va permettre de consolider la volonté des différentes parties à construire cette paix».
«Les accords de Washington ont été signés entre la RDC et le Rwanda. Ils ont l’avantage d’impliquer de la façon la plus fondamentale la responsabilité de la République du Rwanda dans ce conflit sous régional qui sévit principalement sur le territoire de la RDC. Nous estimons que c’est un grand pas dans la construction de cette paix tant recherchée. Aujourd’hui, nous avons l’avantage d’avoir un engagement ferme du Rwanda à vouloir bâtir et construire la paix dans la sous-région et principalement à travers son action sur le territoire de la République Démocratique du Congo et, dans les prochains jours, nous aurons un accord de paix avec la coalition M23-AFC qui est l’acteur actif sur le terrain en ce qui concerne le confit armé. Et cela va permettre de consolider la volonté des différentes parties à construire cette paix », a notifié le VPM Shabani.
Il faut rappeler que les deux Ministres de l’Intérieur de la RDC et du Rwanda ont été invités comme observateur aux échanges qui ont débouchés à la signature de cette Déclaration de principes qui a eu lieu le 19 juillet de l’année en cours à Doha au Qatar. Selon lui, chaque partie a joué son rôle de manière à ce que l’on puisse arriver à un document consensuel.
«C’était des échanges houleux, raison pour laquelle nous avons mis du temps pour en arriver à la signature de la Déclaration et les délégations étaient là pendant plusieurs jours. Il a été utile pour la médiation de l’Etat Qatari de faire venir les Ministres de l’Intérieur de la République Démocratique du Congo et de la République du Rwanda pour que, de part et d’autre, chacun joue son rôle de manière à ce que l’on puisse arriver à un document consensuel sur les principes qui vont guider la rédaction de l’accord de paix. C’est ce que nous avons fait et cela nous a amenés à la signature de cette Déclaration de principes », a-t-il dit.
César Nkangulu
