Le Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH) a, dans un communiqué de presse, documenté, à travers une note mensuelle, sur les principales tendances des violations de droit de l’homme commises en République Démocratique du Congo pour le seul mois de juillet 2025. Au regard de la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire, principalement dans les zones en conflits, cette agence de l’ONU invite les autorités compétentes à prendre « des actions nécessaires, y compris traduire en justice les auteurs présumés des violations et atteintes aux droits de l’homme documentées».
Ci-dessous, le communiqué dans son intégralité.
Dans le cadre de son mandat, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) en République démocratique du Congo assure un suivi étroit de la situation des droits de l’homme et analyse les tendances y relatives. Ces tendances sont régulièrement partagées avec les autorités afin qu’elles prennent les actions nécessaires, y compris traduire en justice les auteurs présumés des violations et atteintes aux droits de l’homme documentées.
- Pendant le mois de juillet 2025, le BCNUDH a recensé 535 violations et atteintes aux droits humains, soit une hausse de 6 % par rapport au mois précédent (506 violations et atteintes). Au moins 57 % des violations et atteintes ont été enregistrés dans les zones touchées par le conflit armé. Les provinces du Nord-Kivu (288 cas), du Sud-Kivu (118) et de l’Ituri (56) étant les plus affectées. La majorité de ces violations et atteintes (72%) sont imputables aux membres de groupes armés, notamment le M23 (234 cas), les éléments Wazalendo (48), les Allied Democratic Forces (27), la Coopérative pour le développement du Congo et les différentes factions Maï-Maï (18 chacun). Les agents de l’État ont été responsables de 27 % des violations et atteintes documentées, principalement les militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (70 cas) et les agents de la Police nationale congolaise (48 cas).
- Quant aux violences sexuelles, le BCNUDH a documenté au moins 54 cas de violences sexuelles liées au conflit affectant 69 femmes. Cela représente une augmentation de 38% par rapport au mois précédent : en juin, 50 victimes adultes (exclusivement des femmes) avaient été recensées. Ces violences ont été enregistrées au Nord-Kivu (39 femmes victimes), au Sud-Kivu (29), en Ituri (3), et au Maniema (1). Les membres des groupes armés ont été responsables de 84% des cas, avec en tête le M23 (28 victimes), suivi des Raia Mutomboki (15 victimes), des Wazalendo (8 victimes) et des groupes FDLR (2 victimes chacun). D’autres groupes, tels que les Maï-Maï de l’UPLC, les Maï-Maï Malaïka et le groupe armé Biloze Bishambuke, ont chacun commis un cas impactant une femme. Du côté des forces nationales de sécurité, seules les FARDC ont été impliquées, avec neuf femmes victimes. Enfin, deux victimes ont été attribuées à l’armée rwandaise.
- Au cours du mois de juillet 2025, le BCNUDH a documenté 12 violations et atteintes aux droits de l’homme en lien avec l’espace civique, affectant 59 victimes, dont treize femmes. Ceci constitue une diminution par rapport au mois précédent (16 cas et 29 victimes, dont sept femmes). Six de ces violations et atteintes ont été documentées dans la province du Sud-Kivu, trois dans la province de l’Équateur, deux dans celle du Lualaba et une dans la province du Haut-Katanga. Toutes ces violations ont été commises par des agents de l’État, dont six par les FARDC et six par des agents de la PNC.
- Par ailleurs, au cours du mois de juillet 2025, le BCNUDH a documenté 17 cas de protection individuelle, dont 11 imputables à des agents de l’État (quatre imputables à des agents de la PNC, deux aux FARDC, cinq à des autorités administratives, coutumières et de services de renseignements) ; cinq imputables à des éléments de groupes armés (quatre par les M23/RDF, un par les Wazalendo) ; et un par des personnes inconnues. Ces cas ont été enregistrés dans huit provinces : Kasaï, Kwango, Équateur, Tshopo, Haut Uélé, Lualaba, Nord-Kivu et Sud-Kivu. À l’issue de l’examen de ces cas par le BCNUDH, 20 bénéficiaires, dont une femme (14 défenseurs des droits de l’homme, parmi lesquels une femme, et six journalistes), ont bénéficié d’un appui pour améliorer leur sécurité.
- En matière de lutte contre l’impunité, 151 poursuites judiciaires à l’encontre de 20 militaires des FARDC, trois agents de la PNC et 106 civils ont donné lieu à des condamnations pour des infractions constitutives de violations et atteintes aux droits humains par les juridictions militaires de 129 personnes, dont 20 militaires des FARDC, 3 agents de la PNC et 106 civils (105 Kulunas pour meurtre et terrorisme). En plus, 22 personnes, dont 3 FARDC et 19 civils, ont été acquittées au cours de la période en revue. Les juridictions militaires ont condamné 16 militaires des FARDC, 1 agent de la PNC et 1 civil pour viol. Par ailleurs, deux FARDC et quatre civils Kulunas ont été condamnés à la peine de mort pour meurtre (FARDC) et meurtre et terrorisme (Kulunas).
- Le BCNUDH a organisé au cours du mois de mai sur l’ensemble du territoire, cinq activités de formation et de sensibilisation au profit de 69 personnes, dont six femmes. Ces activités de promotion ont ciblé des membres des organisations de la société civile, des défenseurs des droits de l’homme, des magistrats ainsi que des membres des forces de défense et sécurité congolaises.
