(Par Honorable Simon Mulamba Mputu, Député National élu de Tshikapa)
Pendant que les grandes puissances rivalisent pour sécuriser leur accès aux minerais critiques de la République Démocratique du Congo, les populations de l’Est continuent de payer le prix du sang. Cette contradiction est devenue moralement et politiquement insoutenable et intenable. Le partenariat stratégique conclu entre la République Démocratique du Congo et les États-Unis d’Amérique ouvre une perspective nouvelle : faire de notre pays un acteur majeur de la transition énergétique mondiale. Le cobalt, le cuivre, le coltan, le lithium et d’autres minerais stratégiques congolais placent notre pays au cœur de la compétition économique du XXIᵉ siècle.
Mais une question fondamentale demeure : comment construire une chaîne d’approvisionnement sûre lorsque les territoires où se trouvent ces ressources restent en proie à l’insécurité ?
La paix n’est pas une option. Elle est la condition sine qua non, mieux un préalable, à tout partenariat stratégique crédible.
L’accord de paix signé entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda représente une avancée diplomatique importante. Cependant, un accord ne vaut que par son exécution. Tant que des accusations de présence militaire étrangère sur le territoire congolais persistent et que les groupes armés continuent de semer la terreur, les populations auront le sentiment que les promesses de paix restent inachevées. La communauté internationale ne peut défendre le respect du droit international dans certaines régions du monde tout en faisant preuve d’ambiguïté ailleurs. La souveraineté des États est un principe universel. Elle ne saurait être à géométrie variable.
Les États-Unis ont joué un rôle déterminant dans le rapprochement diplomatique entre Kinshasa et Kigali. Cette responsabilité leur confère également un devoir de suivi. Car, le succès de leur partenariat économique avec notre pays dépendra obligatoirement de leur capacité, en collaboration avec les autres partenaires, à accompagner la mise en œuvre effective des engagements pris par toutes les parties.
Dans le cadre desdits accords, la République Démocratique du Congo, pour sa part, doit poursuivre les réformes de gouvernance, renforcer la transparence dans la gestion de ses ressources naturelles et transformer localement ses minerais afin que la richesse du sous-sol profite d’abord aux Congolais.
L’Afrique centrale ne demande pas la charité. Elle demande une coopération fondée sur le respect mutuel, la responsabilité et l’équité.
Le peuple congolais qui aspire à vivre en paix sur l’ensemble de son territoire, veut que ses ressources financent des écoles, des hôpitaux, des logements sociaux, des routes, des universités et, aussi, créatrices des emplois décents, plutôt que d’alimenter des décennies de violence.
L’heure est venue de passer des déclarations aux actes. Le monde ne peut pas réclamer les minerais congolais tout en fermant les yeux sur les souffrances innommables des Congolais. La paix est aujourd’hui le véritable test de crédibilité des accords conclus. Si les engagements sont pleinement respectés de part et d’autre, la République Démocratique du Congo pourra devenir l’un des moteurs du développement africain et, pourquoi pas, un partenaire économique de premier plan.
Dans le cas contraire, les accords risquent de demeurer de simples documents diplomatiques sans impact réel sur la vie des populations, mieux des chiffons.
L’histoire ne retiendra que ceux qui auront eu le courage de faire respecter les engagements pris. La République Démocratique du Congo est prête à assumer sa part de responsabilité. Mais, elle attend désormais de chacun de ses partenaires joue sa partition, fasse de même.
