Le Gouvernement provincial de la ville-province de Kinshasa en charge des transports et mobilité a fait marche arrière en accordant un sursis de 10 jours aux transporteurs en commun en dépit du maintien de la nouvelle grille tarifaire. La preuve que la mesure n’a pas été bien réfléchie avant de décider de son exécution. On aurait dû commencer par s’accorder un délai pour sensibiliser les conducteurs avant l’entrée en vigueur du nouveau tarif.
Il a donc fallu que les conducteurs débrayent pour que l’autorité se ravise. Ce moratoire accordé aux conducteurs, c’est une victoire. L’autorité a fini par céder.
Le transport en commun dans la ville de Kinshasa a toujours été un casse-tête pour tous les locataires de l’Hôtel de ville. Malheureusement, on ne gère pas cette mégalopole de la République Démocratique du Congo avec de simples slogans. Tous les gouverneurs s’y sont succédé, se sont cassés la gueule. Chaque prédécesseur léguait toujours à son successeur une capitale accablée par des problèmes de tout genre au regard de la forte densité de la population. Au début, tout le monde croit être capable de relever le défi.
Kimbuta a tenté avec des taxis climatisés et les bus « Esprit de vie » dans un partenariat public-privé. L’intention était de permettre aux Kinois d’être transportés dans des conditions confortables pour ainsi tourner la page au bus 207 « Esprit de mort » à l’origine de nombreux accidents. Pour soutenir cet effort, Matata Ponyo, alors Premier Ministre a interdit l’importation des véhicules d’occasion.
C’était un fiasco. Les privés avaient toujours la dragée haute sur le transport commun dans la Capitale en dépit de la forte mobilité de Transco. A la moindre tentative de baisser le coût du transport: la grève. L’autorité ne disposant pas de moyens de mobilité se retrouvait prise au collet. Les projets du train urbain, des téléphériques… sont restés dans les tiroirs de Gentiny Ngobila.
Daniel Bumba ne semble pas tirer les leçons des échecs de ses prédécesseurs. Les privés ont toujours un mot à dire. Quand le pouvoir public est obligé de revenir sur une décision prise, c’est une erreur flagrante de gouvernance. Quelques que soient les conséquences d’un acte, l’autorité assume mais ne recule pas ou ne se rebiffe pas. L’autorité qui recule cédera toujours aux pressions et ce sera jurisprudence.
Qu’à cela ne tienne, l’Association des chauffeurs du Congo, pour mieux savourer son triomphe, a informé ses sociétaires que pendant ce sursis de 10 jours, il n’y aura aucun contrôle.
Le Kinois ne sachant à quel Saint se vouer est obligé d’assister impuissant aux tâtonnements de ses dirigeants. Entretemps hier mardi, la situation du transport en commun ne s’est pas améliorée malgré le retour à l’ancienne grille tarifaire.
Des files sur longues distances à pieds serpentaient les principales artères de la capitale avant d’évoquer de nombreuses foules aux différents carrefours s’agglutinant sur le premier bus qui stationne. Une situation qui a occasionné la majoration de la course par des conducteurs des taxis motos. On n’est donc pas sorti de l’auberge.
La Pros.