En date du 08 mai 2025, l’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) a publié un communiqué, évoquant les raisons de la fin du mandat de Jules Alingete à la tête de l’Inspection Générale des Finances. Cette mise à l’écart est vue par l’ODEP comme le triomphe de la médiocrité, le tribalisme, la cupidité, le népotisme, la gabegie, la corruption, les détournements, dans le combat contre les antivaleurs.
L’IGF et plusieurs organisations de la Société civile ont dénoncé plusieurs scandales de corruptions, surfacturations et détournements dans divers projets, dont le derniers en date, est celui des ‘’forages et lampadaires’’.
Dans sa note, l’ODEP a mentionné la récente sortie médiatique de Nicolas Kazadi, Ministre honoraire des Finances, acquitté par la justice dans cette affaire. Au cours d’une interview exclusive accordée à un média local, il s’est confié sur les contours de financements des projets. ‘’Nous nous sommes partagés les fonds avant même que le travail ne puisse commencer’’, a-t-il déclaré. Pour cette structure de la Société civile, c’est ainsi qu’ils auraient procédé pour le projet forages et lampadaires.
A l’en croire, ce dernier était le principal financier des dépassements budgétaires, le financier des marchés de gré à gré, des paiements de la dette intérieure décotée, l’homme des paiements en mode d’urgence. ‘’Il y en a eu plus de 300 en 2022 dont 60 à la seule Présidence’’, peut-on lire dans ce communiqué.
‘’Malgré le lourd passif qui pèse sur lui, ce dernier refuse encore de quitter le pouvoir exécutif et nourrit encore l’ambition d’accéder à des nouvelles responsabilités allant jusqu’à envisager un poste aussi stratégique que celui de Gouverneur de la Banque Centrale. Il ne cesse de solliciter l’appui du Président, y compris dans les dossiers controversés tels que ceux des forages et des lampadaires, appelant à un soutien indéfectible, qu’elles qu’en soient les implications’’, fustige l’ODEP.
Par ailleurs, le communiqué renseigne qu’au moment du départ de Nicolas Kazadi des Finances, il paraissait inévitable pour lui que Jules Alingete quitterait également la scène. En effet, Nicolas Kazadi, joignant la parole à l’acte, aurait entamé un processus de révélation publique sur les pratiques de gouvernances constatables menées en connivence avec le cercle du pouvoir. Face à cette situation, l’ODEP affirme que le Président de la République n’a pas eu d’autres choix que d’écarter Jules Alingete.
Ainsi, l’ODEP a exprimé ses sincères gratitudes à ce dernier, pour le courage, rigueur et patriotisme dans l’accomplissement de son travail. Pour lui, il demeure un « haut cadre d’exception, une conscience administrative, un patriote intègre ».
Pour clore, cette frange de la Société civile a formulé quelques recommandations :
- Au Président de la République : de préserver les acquis de l’œuvre de Jules Alingete, de les capitaliser et en assurer une continuité positive ;
- A la communauté internationale : de mettre en place, en accord avec le gouvernement, une commission indépendante chargée d’auditer la gouvernance des Finances publiques de la RDC de janvier 2019 à ce jour ;
- Aux gouvernements des Etats-Unis : de reporter sans délai la signature du très contesté accord de minerais contre la paix tant que la RDC ne se sera pas dotée des dirigeants honnêtes et intègres, capables de mettre en avant une gouvernance efficace et transparente dans la mobilisation des recettes et dans la rationalisation de la dépense ;
- A tous les partenaires techniques et financier : de stopper toutes les aides budgétaires et aides financières qui favoriseraient la corruption et les détournements.
Cynthia Matiaba
