Le Groupe Inter-Désirs « GIDE », avec l’accompagnement de ses partenaires, a tenu une table ronde ce jeudi 7 mars 2024 à Léon Hôtel, dans le cadre de sa mission d’œuvrer pour la promotion et protection des droits des personnes nées avec la variation des caractères sexuels «VCS» ou Inter sexuation, personnes dont les caractéristique biologiques et anatomiques ne sont pas spécifiques à une personne mâle ou femelle. Cette rencontre a réuni les experts issus des institutions publiques, la société civile et les partenaires techniques et financiers pouvant influencer la meilleure prise en compte de la qualité de vie VCS et de leur inclusion sociale en RDC.
L’objectif spécifique de cette rencontre a été de réunir les acteurs étatiques et non étatiques pour accroitre les connaissances sur la variation des caractères sexuels, faire un état des lieux de la condition de la personne avec VCS en RDC, et de susciter l’adhésion et l’implication des différents acteurs ciblés au respect des droits de la personne avec VCS.
En termes de défis majeurs, le Dr. Ginette Ntumbi, Coordonatrice de la GIDE a présenté le problème central vécu par ces personnes, qui est traduit par une profonde stigmatisation et discrimination en raison de leur identité de genre «atypique» dès leur enfance.
Celles-ci sont confrontées à une stigmatisation médicale, familiale et sociale, qui engendre un isolement et une invisibilité constants dans leur vie. Mais aussi des violences physiques impliquant des coups et blessures, les chirurgies systématiques infantiles, des viols et l’infécondité ainsi que du manque d’accès aux services sociaux essentiels.
Au prix de leur dignité, ces personnes se voient souvent ridiculisées lors d’accès aux services de santé appropriés, d’éducation et de soutien social en raison de leur identité de genre.
Tout compte fait, elle a considéré que ces actes constituent une déshumanisation des personnes avec VCS qui nécessite une sensibilisation et un plaidoyer accrus aux niveaux législatif et social pour mettre fin aux interventions médicales non-consensuelles, violences, violations des droits humains, discriminations et stigmatisations envers ces personnes en RDC.
Pour le Dr. Alex Mutombo, Gynécologue –Obstétricien, l’opinion publique devrait être sensibilisée à ces variations en introduisant ces notions dans les programmes d’enseignement de collège et lycée.
Au-delà des plus jeunes, il a affirmé qu’il est important que l’information du grand public permettre une meilleure connaissance et l’acceptation dans la société, et donc également de la part des futurs parents des enfants intersexes.
A l’issue de cette table ronde, les différentes interventions ont été suivies des sessions d’échanges et débats autour de ces panels afin de permettre aux participants de s’approprier la question de variations des caractères sexuels, et de constituer des recommandations qui seront soutenues et ramenées vers les législateurs pour obtenir gain de cause des personnes VCS.
Niclette Ngoie
