‘Respecter et faire respecter la Convention en toutes circonstances’’, cette paragraphe tirée de l’article premier des Conventions de Genève a fait l’objet d’une Table ronde tenue le 11 septembre 2024 à Kinshasa dans le cadre de la 75èmecommémoration desdites conventions. Organisées conjointement par le comité international de la Croix Rouge, l’Ambassade de Suisse en République Démocratique du Congo et l’Université de Kinshasa (UNIKIN), ces assises ont pour objectif d’engager les autorités politiques, le corps diplomatique, les praticiens du droit, les acteurs humanitaires, la société civile ainsi que les chefs militaires pour la mise en œuvre et l’application effective du Droit international humanitaire (DIH) en RDC.
Pour le chef de délégation du CICR en RDC, cette rencontre est très capitale dans le contexte congolais dans la mesure où elle permet de favoriser les échanges entre les parties prenantes. «La RDC est touchée par plus de deux décennies de conflits armés et ce sont plus de 6 millions de personnes qui sont déplacées et grandement affectées», a expliqué François Moreillon.
Et d’ajouter : «Le CICR continue de maintenir un dialogue humanitaire bilatéral et confidentiel avec l’ensemble des parties au conflit, en vue de promouvoir le respect du droit humanitaire international et protéger les civils ».
Universellement ratifiées, les Conventions de Genève sont le fruit d’une volonté politique de tous les Etats. Elles sont un instrument juridique, source d’obligations pour toutes les parties au conflit.
Cependant, l’Ambassadeur de la Suisse en RDC a rappelé la pertinence de ces conventions de Genève qui sont au cœur de l’humanité commune. «Ces Conventions fixent des limites à la guerre afin d’en protéger les victimes et, ultimement, faciliter le retour à la paix. Aujourd’hui, nous sommes réunis pour réitérer l’importance de ces conventions et rappeler le fait que le monde entier s’est mis d’accord sur la nécessité de les respecter », a souligné Chasper Sarott.
Pour lui, la Suisse qui est dépositaire des quatre Conventions de Genève et de leurs protocoles additionnels, a fait du respect, de la promotion et de la mise en œuvre du droit international humanitaire une constante de sa politique étrangère. « Surtout la protection des civils dans les conflits armés constitue l’une de nos priorités et la Suisse reste et restera engagée en République Démocratique du Congo, à côté de nos partenaires», a-t-il indiqué.
Par ailleurs, le Professeur Aubin Minaku, ancien Président de l’Assemblée nationale de la RDC, a insisté sur le traitement humanitaire au cours des conflits dans son pays. Il a évoqué le non-respect des principes sacro-saint de ces conventions en matière des conflits internationaux ou nationaux tels que le viol des femmes, l’enrôlement des enfants par les groupes armés…
«Le Congo est un creuset de convention des droits humanitaires. Il est temps que la RDC dispose d’un plan humanitaire en adoptant un cadre normatif, en utilisant les instruments juridiques internationaux», a-t-il insisté.
Il y a lieu de noter que ces assises ont été lancées par le professeur Daniel Makiese, Directeur de cabinet et représentant de la Ministre d’Etat des affaires étrangères empêchée.
«Ce forum représente une opportunité de faire l’évaluation sur la mise en œuvre du Droit international Humanitaire et ses acquis afin d’en choisir un modèle d’application effective et faire des recommandations issues des échanges», a-t-il déclaré.
Evidemment, après chaque exposé avec une thématique spécifique, les participants se sont engagés dans des discussions sur les défis et des opportunités en lien avec l’application du Droit international humanitaire en RDC. Ils ont identifié des mesures concrètes pour un meilleur respect de ces conventions qui constituent le socle sur lequel est bâti le Droit International Humanitaire.
Cette Table ronde a été sanctionnée par les différentes recommandations faites aux acteurs étatiques, humanitaires et à la société pour la mise en œuvre concrète de ces Conventions.
Jordache Diala
