(Par le Dr Prof Antoine Roger Lokongo)
Bonjour à tous et merci beaucoup CT Ricky VUNGU de votre aimable présentation.
De prime à bord, je voudrais exprimer toute ma reconnaissance à Son Excellence Monsieur ZHAO BIN, Ambassadeur de la République Populaire de Chine en RDC ainsi qu’à ses proches collaborateurs de leur soutien tant moral que matériel ; pour la tenue de cette conférence-débat ; pour leur réaction positive et leur encouragement à cette initiative des Congolais de se rencontrer et de réfléchir sur la portée de l’INITIATIVE CHINOISE « LA CEINTURE ET LA ROUTE » pour l’Afrique en général et la RDC en particulier, susceptible de créer des liens économiques, géopolitiques, géostratégiques et sécuritaires entre la Chine et l’Afrique, favorisant des intérêts mutuels réciproques et une coopération gagnant-gagnant.
A cet effet, je prie le CT Ricky, notre modérateur de bien vouloir nous faire la lecture du bref message nous adressé par Son Excellence Monsieur ZHAO BIN, Ambassadeur de la République Populaire de Chine en RDC à cette occasion.
Je remercie chaleureusement Monsieur le Professeur Anselme MEYA NGEMBA, Doyen de la Faculté des Sciences Sociales, Administratives et Politiques pour son autorisation qui a permis la tenue de cette conférence-débat à caractère purement académique, scientifique et surtout apolitique, comme le CT Ricky l’a bien souligné.
Je remercie également les Intervenants, notamment Monsieur le Secrétaire Général aux Affaires Etrangères, le Professeur Daniel MAKIESE pour sa disponibilité en dépit de lourdes charges de l’Etat qui lui sont confiées. La préséance voire même notre culture africaine obligent que vous preniez la parole avant moi, mais pour la bonne compréhension de notre thème, permettez-moi d’esquisser très rapidement l’historique de l’INITIATIVE CHINOISE « LA CEINTURE ET LA ROUTE » avant que vous reveniez sur les retombées de ladite initiative pour l’Afrique.
Je sollicite également la même indulgence auprès de Monsieur le Professeur Julien Tazi, cet autre expert en affaires chinoises ainsi qu’auprès de Monsieur le journaliste Hugo Matadi qui venait de palper lui-même les réalités chinoises au cours d’un long séjour dans ce pays qui s’appelait jadis l’Empire du Milieu.
Merci au CT RICKY et à tout le comité d’organisation et à vous tous pour avoir répondu à notre invitation.
Merci à tous ceux qui ont contribué d’une façon oui d’une autre pour la tenue de cette conférence.
Comme vous le savez, moi je suis professeur à l’Université Président Joseph Kasa-Vubu à Boma. Si nous avions pris l’initiative d’organiser cette conférence-débat ici à l’Unikin, c’est parce que comme le dit le dit un adage BONGANDO, l’Unikin pour nous c’est comme « NTOLO BOSANGANY’ESISA », c’est-à-dire, l’Unikin c’est comme la poitrine où converge tous les nerfs et toutes les artères du corps. De par sa nature comme « MERE DES UNIVERSITES » RD Congolaise, nous considérons l’Unikin comme un lieu de convergence pour nous tous.
Avant d’entrer dans le vif du sujet de ma présentation, je vous informe que l’Université de Pékin mon alma mater vient de m’honorer en publiant ma thèse de doctorat sous forme d’un livre – en chinois bien entendu. J’ai axé mes recherches sur LE RAPPORT ENTRE LES INTERETS AMERICAINS ET LES GUERRES DE RESSOURCES QUE NOUS NE CESSONS DE CONNAITRE ICI EN RDC DEPUIS 1998.
Les versions française et anglaise seront publiées à Kinshasa et à Londres respectivement.
BIEN !
En ce qui concerne l’historique de racines de l’INITIATIVE CHINOISE « LA CEINTURE ET LA ROUTE », il faut retenir TROIS choses ou TROIS ELEMENTS:
La première chose à retenir c’est que les racines de l’INITIATIVE CHINOISE « LA CEINTURE ET LA ROUTE » se trouve dans le passé de la nation et du peuple chinois
Le Chef de l’État Chinois Xi Jinping, dans un discours prononcé à la Fondation Körber à Berlin, en Allemagne, le 28 mars 2014, a résumé l’importance de l’histoire en ces termes, et je cite: «L’histoire est le meilleur enseignant. Elle enregistre fidèlement les traces du chemin parcouru par chaque pays et offre des conseils pour son développement futur». Fin de citation. Notez.
En d’autres termes, l’histoire est un trésor pour une nation.
Il n’y a que chez en Afrique où nous négligeons notre histoire ! les Chinois chérissent bien leur histoire. La Chine, qui était jadis une puissance dans toute l’Asie de l’est a connu la décadence à cause des divisions qui ont facilité l’invasion des peuples nomades du nord qui l’ont dominée pendant des siècles suivie de la colonisation occidentale. Si la Chine s’est relevée pour devenir une deuxième puissance mondiale – elle est déjà presque la première puissance mondiale sur le plan économique – c’est parce que le peuple chinois a interrogé son histoire, ses expériences du passé, y a tirée des idées forces qu’il a appliquées pour son bien-être. C’est un peuple qui sait d’où il vient et où il veut aller et que faire dans le présent, travailler sans relâche pour atteindre ses objectifs.
Par exemple, la Chine a désormais complètement éradiqué la pauvreté. C’est-à-dire, aucun chinois ne vit plus au seuil de la pauvreté : le transport, le logement, la nourriture, les soins de santé et l’éducation sont garantis pour chaque chinois. Maintenant l’Etat a les mains allégées pour poursuivre d’autres plus grands objectifs.
Par ricochet, j’ai toujours dit que le premier plus grand patrimoine dont dispose le Congo c’est son histoire pas nécessairement les ressources naturelles. Les minerais ne poussent pas comme les arbres, ils s’épuisent. Il nous faut donc construire une civilisation, une histoire glorieuse avec, dont nos arrières petits fils seront fiers. Si nous ignorons ou si nous nous négligeons notre passée, nous risquons de commettre les mêmes erreurs du passé et n’avancerons jamais.
J’ai toujours dit ce qui suit : « Qui oublie son passé, sera rattrapé par son passe » !
La deuxième chose à retenir c’est que le monde, les relations internationales sont à la croisée des chemins. Nous vivons une sorte de basculement de l’histoire à la suite de la fin de l’hégémonie occidentale.
A cet effet, l’ancien premier ministre Français Dominique de Villepin venait de souligner la nécessite pour l’Occident de comprendre que la donne a déjà changé et par conséquent l’Occident doit se défaire de ce qu’il qualifie « d’occidentalisme », c’est-à-dire, le socle occidental qui est aujourd’hui mis en cause par la communauté internationale, c’est l’idée que l’Occident qui a pendant cinq siècles gérée les affaires du monde va pouvoir tranquillement continuer à le faire, continuer des guerres de domination et d’exploitation contre d’autres pays, peuples et civilisations et cultures sous prétexte de leur apporter la démocratie. C’est une illusion car ça ne va qu’isoler l’Occident sur la scène internationale encore plus.
Le Président Chinois Xi Jinping explique quant à ce que, et je cite : «La pratique de la division et de l’affrontement au nom de la démocratie est en soi une violation de la démocratie et ne recevra aucun soutien. Cela ne fait qu’entraîner des troubles sans fin dans le monde » – fin de citation.
L’éminent Professeur des Relations Internationales, Feu Diur Katond ne cessait de nous rappeler que ce siècle, c’est le siècle du multilatéralisme ou plusieurs pôles de puissances co-existent et inter-agissent : Les Etats-Unis, la Russie, la Chine, le Brésil, le monde arabe, et pourquoi pas l’Union Africaine ? Dans cette configuration, il devient difficile pour une puissance d’imposer sa civilisation aux autres !
Le troisième élément à noter c’est que la Chine remplit déjà tous les critères pour être décrite d’une superpuissance voire même une hyperpuissance.
A titre de rappel, une superpuissance est une nation qui influence d’autres nations en raison de sa force militaire, technologique, économique et culturelle. Parmi les autres caractéristiques, on a aussi l’aspect politique, démographique et l’accès à des ressources naturelles.
Tandis qu’une hyperpuissance c’est pays ayant la suprématie simultanée dans les principaux domaines (militaire, économique, technologique et culturel).
La question que nous nous posons est celle de savoir comment la Chine va se comporter comme superpuissance ou hyperpuissance. Eh bien, l’INITIATIVE CHINOISE « LA CEINTURE ET LA ROUTE » indique que la Chine va privilégier l’approche développemental contrairement à l’Occident qui a toujours privilégié l’approche militariste, ce que Dominique de Villepin a évoqué. La Chine comprend qu’il ne peut y avoir une paix mondiale sans développement mondiale et par conséquent elle veut promouvoir la prospérité mondiale.
Pour s’y prendre, la Chine va puiser dans son histoire et propose un projet de développement global surtout dans le domaine des infrastructures dénommé L’Initiative « la Ceinture et la Route » (Belt and Road Initiative en anglais, en abrège BRI ; out tout simplement « One Belt One Road » en abrégé OBOR.
YI dai – yi lou en chinois.
Cette initiative vise à stimuler la connectivité, le commerce et les échanges culturels le long des routes vaguement inspiré de l’ancienne Route de la Soie d’il y a 2000 ans ; qui reliait la Chine à l’Europe, jusqu’aux rives de la Mer Méditerranée.
A titre de rappel, la soie était le produit favori le long de la Route de la Soie. La soie chinoise était considérée comme un trésor dans l’Asie centrale, l’Afrique et l’Europe anciennes. Le marché européen avait la plus grande demande de soie et la soie chinoise était très appréciée en Europe, comme le confirme le site chinahighlights.com.
Chers frères et sœurs, si la mondialisation est phénomène d’ouverture des économies nationales sur un marché mondial, entraînant une interdépendance croissante des pays, nous pouvons ici voir que LA CHINE A ETE LE BERCEAU DE LA MONDIALISATION IL Y A DE CELA 2000 ANS.
Le Président Xi Jinping a donné un nouveau souffle à l’Initiative « la Ceinture et la Route » en inaugurant la « Nouvelle Ceinture Economique de la Route de la Soie » et la « Route de la Soie Maritime du 21ème siècle » en 2013; et tous les pays sont invités à participer à tous ses grands projets d’infrastructure.
C’est pourquoi l’INITIATIVE CHINOISE « LA CEINTURE ET LA ROUTE » s’appelle tout simplement « NOUVELLE ROUTE DE LA SOIE ».
Un proverbe chinois le dit bien : « Si voulez devenir riche, commencez par construire une route ». Sans la route, il n’y a pas de circulation des personnes et des biens.
L’objectif est de renforcer la connectivité afin de promouvoir L’INNOVATION et un développement moderne dans de multiples domaines, notamment: l’industrie manufacturière, les nouvelles technologies (par exemple les batteries), les énergies renouvelables, les infrastructures propices au commerce (y compris les pipelines et les routes), les TIC (par exemple les centres de données), des transactions adossées à des ressources (par exemple, mines, pétrole, gaz), des projets à haute visibilité ou stratégiques (par exemple, chemin de fer), tels que répertoriés par la « Green Finance and Development Center », un groupe de réflexion indépendant basé à l’Université de Fudan, en Chine. Depuis lors, l’Initiative « la Ceinture et la Route » est devenue un programme phare de la coopération internationale au développement
