Ça fait deux ans que la SOCODA n’arrive pas à payer les droits d’auteurs des artistes en République Démocratique du Congo. Les créateurs congolais ont faim. Certains meurent sans toucher leur dû. Cette société n’intervient pas en cas de maladie ou du décès d’un artiste. La gestion est et reste toujours opaque.
L’actuel Conseil d’administration et son comité de gestion sont hors mandat. Il est dans l’illégalité totale. Les coopérateurs avertis exigent des réformes efficaces pour sauver la SOCODA qui est prise en otage par des prédateurs qui s’illustrent dans le détournement des recettes de la société. La crise persiste encore et toujours. Car, les violons ne s’accordent pas entre les ayants-droits. Pis encore, la SOCODA n’est pas crédible auprès de la CISAC (Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs) qui a pour mission de représenter les créateurs du monde entier et de protéger leurs droits et de promouvoir leurs intérêts.
Cette société qui gère les droits d’auteurs en RDC, est confrontée à des montagnes de problèmes et défis à relever. Que faire ?
En lieu et place de trouver des solutions efficaces et idoines pour répondre aux attentes des artistes, la SOCODA se lance dans un nouveau projet administratif qui ne semblerait pas être primordial auprès du chef de l’Etat qui veut à tout prix une solution rapide aux défis auxquels est confrontée cette coopérative des artistes. Selon un communiqué, la SOCODA procède à une opération de contrôle, de vérification et de régularisation des dossiers administratifs à l’intention de tous les artistes-créateurs des œuvres de l’esprit protégées par la loi.
Pour de nombreux observateurs avertis, cette opération n’est pas primordiale face à la crise de légitimité qui divise la société.
« Je pense que le comité de gestion devrait commencer d’abord par payer les arriérés. Ça fait deux ans que les artistes ne touchent pas leur droit d’auteur en RDC. Ce contrôle des dossiers est une stratégie instaurée par le conseil d’administration pour écarter certains artistes et ou les bloquer pour ne pas être éligible à la prochaine répartition. Nous connaissons les joueurs et leur jeu », dénonce un sociétaire.
Et de poursuivre : « harmonisation du dossier n’est pas mauvaise mais elle n’est pas une priorité pour les artistes qui ont des ventres affamés ».
Évidemment, ajoute-t-il, ce projet de régulation est une situation créée pour préjudicier la qualité de certains membres et les rendre inéligibles aux avantages y afférents.
Eu égard à ce qui précède, la direction générale de la SOCODA COOP-CA demande aux artistes-créateurs, éditeurs ou producteurs ainsi qu’aux héritiers concernés par cette situation d’irrégularité, de passer au Service d’Affiliation et de Déclaration des œuvres pour la régulation de leurs dossiers administratifs.
D’après le communiqué, plus de 300 artistes congolais sont dans l’irrégularité dont 198 noms et autres auteurs n’ont pas des dossiers au grand complet. « Il faut ajouter à ceux-là les noms de certains successeurs qui manquent certains éléments essentiels», soutient le communiqué.
JD
