Sur la scène du commerce international, la République Démocratique du Congo ne veut plus seulement être un réservoir de matières premières brutes, mais un acteur respecté et structuré. Les échos favorables venus de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) à Genève, où la délégation congolaise menée par le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a défendu son bilan, marquent une rupture historique. En arrachant un satisfecit unanime de la part de partenaires stratégiques majeurs, incluant l’Union européenne, les États-Unis et l’Union africaine, Kinshasa vient de franchir un cap décisif. Cette reconnaissance internationale valide des réformes structurelles profondes et repositionne le géant d’Afrique centrale sur la carte de la compétitivité mondiale. Pendant des décennies, le commerce extérieur congolais a souffert d’une opacité chronique, de lourdeurs bureaucratiques et de procédures douanières dissuasives pour les investisseurs. Le sursaut actuel repose sur des actes concrets et quantifiables. En ratifiant l’Accord sur la facilitation des échanges de l’OMC, la RDC s’est plié à la rigueur des standards internationaux. La mise en place du « portail d’information commerciale », une vitrine numérique accessible aux opérateurs du monde entier, matérialise cette révolution de la transparence. Désormais, la modernisation et la dématérialisation des procédures douanières permettent de modéliser avec efficacité les flux d’importation et d’exportation, brisant les vieux réflexes de la traque administrative. Cependant, la véritable audace de cette nouvelle politique commerciale réside dans sa dimension inclusive et humaine. L’intégration progressive des femmes et le soutien à l’entrepreneuriat des jeunes, adossés au Fonds de garantie de l’entreprenariat des jeunes (FOGEC), démontrent que la croissance ne se construira pas en vase clos. En liant la macroéconomie de l’OMC à l’autonomisation des forces vives locales, le gouvernement tente de transformer les règles du commerce mondial en leviers de développement social. L’engagement de l’OMC à fournir une assistance technique et à mobiliser des bailleurs internationaux prouve que la communauté financière croit en la viabilité de ce modèle. Le plus difficile commence pourtant aujourd’hui. La satisfaction légitime exprimée par Julien Paluku ne doit pas masquer le défi de la pérennisation. Obtenir des promesses d’accompagnement à Genève est une victoire diplomatique ; ancrer ces réformes dans le quotidien des postes frontaliers et des ports congolais en est une autre. Le gouvernement doit veiller à ce que la numérisation ne bute pas sur les déficits d’infrastructures énergétiques et que la corruption résiduelle ne vienne pas gripper cette belle mécanique. En se pliant aux règles du jeu multilatéral, la RDC s’offre les moyens de sa souveraineté économique. Il lui appartient désormais de transformer ce capital de confiance internationale en richesses durables pour ses populations.
La Pros.