Durant deux jours, soit du jeudi 29 au vendredi 30 octobre 2026, le Sultani Hôtel, dans la commune de la Gombe, a servi de cadre aux travaux de la 2ème édition de la Conférence internationale sur la santé mentale. Initiée par la Fondation Mosungi sous le thème évocateur : « La santé mentale comme levier de performance en milieu du travail », cette rencontre d’envergure a réuni des experts, des acteurs du secteur des assurances ainsi que des cadres du monde financier venus de divers horizons. Objectif : interpeller sur l’urgence de placer la santé mentale au cœur de la santé publique et des politiques des entreprises en République Démocratique du Congo.
S’exprimant à cette occasion, les intervenants ont unanimement souligné l’impératif d’offrir un environnement de travail sain et d’intégrer un suivi psychologique adéquat pour préserver la productivité des équipes.
R2H, pionnier de la prise en charge de la santé mentale
Au cours du panel 2, axé sur « l’exploration de la place de la santé mentale dans les couvertures santé proposées par les assureurs aux entreprises et la prise en charge des salariés », le Directeur Général de Rana Heritage Health SA (R2H), Yves Mobolama, a livré un plaidoyer vibrant.
« Aujourd’hui, nous militons pour une cause qui est principale à nous tous, c’est la santé mentale. Il est temps pour nous de regarder ce qui se passe à ce niveau. Nous avons l’habitude d’analyser la sinistraté de nos assurés, mais nous nous rendons compte qu’aujourd’hui, nous remboursons essentiellement les conséquences des maladies mentales », a-t-il révélé.
Face à ce constat, le patron de R2H a réaffirmé l’engagement de sa structure, présente en RDC, au Congo et bientôt en France : « Aujourd’hui, R2H est le pionnier et carrément le seul pour le moment qui accompagne tous ses clients dans la santé mentale en intégrant ce volet dans notre parcours de soins. Dans la prise en charge quotidienne, nos assurés consultent au sein des hôpitaux ou à l’espace Kimya. De plus, au sein de notre département médical, nous avons rajouté une section médecine du travail très regardante sur ce volet ».
Témoignage du secteur financier
En qualité d’intervenant externe, Andrew Young Okana Nsiawi, banquier d’affaires fort de plus de 20 ans de carrière en France, a partagé son expérience face au fléau du burn-out en milieu professionnel.
« Au cours de ma carrière, j’ai été confronté à ce problème de burn-out. La première étape, c’est d’abord de reconnaître qu’on a un problème, ensuite d’oser demander de l’aide et de trouver les bons interlocuteurs pour s’engager dans un parcours de soins. Une fois qu’on s’en sort, il faut aider les autres qui sont dans la même situation que nous à s’en sortir aussi. Donc c’est un peu pour ça que ce panel aujourd’hui m’a intéressé et que je cherche à m’impliquer dans ce secteur », a-t-il confié, saluant l’initiative de ce panel en RDC.
Une 2ème édition marquée par une forte mobilisation
Faisant le bilan de cette édition « Mosungi 2026 », Jesse Matondo, consultant à la Fondation Mosungi et président de l’Union Nationale des Psychologues Cliniciens de la RDC (cellule de Kinshasa), a exprimé sa satisfaction face à l’engouement suscité par cette rencontre annuelle.
Il était question de mettre la priorité sur la santé mentale au travail. Par rapport à la première édition, nous avons constaté l’adhésion d’un plus grand nombre de partenaires venus réfléchir avec nous. C’est une façon de les sensibiliser et de leur montrer qu’on ne peut pas avoir des équipes performantes et productives sans prêter attention à leur santé mentale », a conclu Jesse Matondo.
Au terme des deux jours de réflexions, les participants sont repartis armés de nouvelles perspectives pour faire de la santé mentale un pilier inaliénable du bien-être et du rendement professionnel en RDC.
Carlos Ituku/CP
