La République Démocratique du Congo franchit un cap important dans la modernisation de son système statistique. Le Sénat a déclaré recevable, mercredi 21 octobre 2026, le projet de loi portant ratification de l’ordonnance-loi relative à l’organisation de l’activité statistique en RDC, présenté par le Ministre d’État, ministre du Plan et de la Coordination de l’Aide au Développement, Guylain Nyembo. Une avancée législative qui ambitionne de doter le pays d’un cadre juridique adapté aux exigences d’une planification nationale fondée sur des données fiables.
Pour la première fois depuis l’indépendance, la RDC s’apprête à se doter d’une loi spécifiquement consacrée à l’organisation de l’activité statistique. Avec ses 95 articles, ce texte entend poser les bases d’un système statistique national plus moderne, crédible et performant, capable de répondre aux besoins croissants de l’État en matière de planification, de suivi et d’évaluation des politiques publiques.
Au cœur de cette réforme figurent des principes essentiels : l’indépendance professionnelle, l’impartialité, la qualité et la transparence des statistiques officielles. Le projet prévoit également des garanties visant à renforcer la protection des données individuelles et le respect du secret statistique. Autant de dispositions destinées à consolider la confiance dans les chiffres produits et utilisés par les institutions publiques.
Derrière cette réforme, un enjeu majeur : mieux connaître le pays pour mieux le gouverner. En effet, la disponibilité de données fiables constitue un levier déterminant pour identifier les besoins réels de la population, orienter les investissements, répartir plus efficacement les ressources et mesurer les résultats des politiques publiques. Pour la RDC, confrontée à d’importants défis de développement, la modernisation de l’appareil statistique représente ainsi un instrument stratégique d’aide à la décision.
Cette évolution intervient dans un contexte particulièrement important, marqué par les préparatifs du Deuxième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH-2), plus de quarante ans après le dernier recensement général réalisé en 1984. L’organisation de cette vaste opération nationale nécessite un dispositif statistique solide, capable de produire des informations fiables sur la population, sa répartition géographique et ses conditions d’habitat.
L’adoption d’un cadre juridique spécifique à l’activité statistique apparaît, dès lors, comme un levier essentiel pour accompagner cette opération et renforcer durablement les capacités nationales de collecte, de traitement et d’exploitation des données. Elle s’inscrit dans une perspective plus large : donner aux pouvoirs publics les moyens de concevoir des politiques mieux adaptées aux réalités du terrain et aux attentes des citoyens.
A travers cette initiative portée par Guylain Nyembo, le Gouvernement entend ainsi consolider les fondements d’une gouvernance publique davantage éclairée par les données. L’ambition est de faire de la statistique non plus un simple outil de comptage, mais un véritable instrument de pilotage du développement national.
Après la déclaration de recevabilité prononcée par le Sénat, le projet de loi poursuit son parcours parlementaire en vue de sa ratification. Une étape décisive reste donc à franchir pour doter le pays de ce cadre légal appelé à renforcer la fiabilité de l’information statistique et à soutenir une planification nationale plus cohérente, plus efficace et plus équitable.
La Pros.
