Le Gouvernement congolais entend lutter contre les discours de haine, les appels à la violence et les campagnes de diabolisation visant les partenaires occidentaux de la RDC. Lors d’un briefing tenu jeudi 22 octobre 2026, à la RTNC, avec son collègue Guillaume Ngefa, Ministre d’Etat en charge la Justice, Patrick Muyaya, Ministre de la Communication et Médias, a rappelé que la liberté d’expression ne saurait justifier les menaces contre ceux qui accompagnent Kinshasa dans ses efforts diplomatiques pour mettre fin à la guerre dans l’Est du pays.
Dans un contexte politique et sécuritaire marqué par la création du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), le Porte-parole du Gouvernement a appelé à la responsabilité dans les prises de parole, pour éviter de tomber dans le piège de la diabolisation à grande échelle.
« Il est hors de question de proférer des discours de haine, de discrimination, mais aussi de faire des appels à la violence », a-t-il déclaré, affichant ainsi la volonté du Gouvernement de combattre les dérives verbales susceptibles de menacer la sécurité des personnes et d’alimenter les tensions.
Pour Patrick Muyaya, les divergences d’opinions ne doivent pas conduire à la diabolisation des partenaires internationaux qui travaillent avec la RDC. Il a tenu à rappeler leur rôle dans les démarches entreprises pour trouver une issue à la crise sécuritaire dans l’Est du pays.
« Nos partenaires occidentaux qui travaillent avec nous, y compris dans le cadre de nos efforts diplomatiques pour finir avec la guerre dans l’Est, ne sont pas nos ennemis », a-t-il insisté.
Le Ministre a souligné que la diplomatie congolaise a besoin de partenaires capables d’accompagner le pays dans plusieurs domaines, au-delà de la seule question sécuritaire. « Dans la diplomatie, nous avons besoin des personnes qui peuvent nous aider à la fois pour la guerre mais aussi pour les différents projets de développement », a-t-il expliqué.
A travers ces propos, Patrick Muyaya appelle à distinguer les critiques légitimes des discours qui s’attaquent aux personnes, menacent leur sécurité ou cherchent à dresser l’opinion contre les partenaires de la RDC. Pour le Gouvernement, visiblement, la défense des intérêts nationaux ne doit pas compromettre les relations avec ceux qui participent aux efforts de paix et de développement.
Rappel à l’ordre
Patrick Muyaya a également consacré une partie de son intervention aux dérives observées sur les réseaux sociaux. Il a notamment évoqué les réactions autour de Fils Mukoko, qu’il a présentées comme un avertissement adressé à ceux qui seraient tentés de franchir les limites de l’expression publique.
« Les réactions que vous avez vues sur Fils Mukoko sont un avertissement », a-t-il affirmé, avant de prévenir : « Les réseaux sociaux ne sont pas un espace de non-droit. Tous ceux qui s’y hasardent doivent faire très attention. » Le message du ministre est sans équivoque : l’espace numérique ne doit pas devenir un lieu où les menaces et les appels à la violence se propagent sans responsabilité. Dans cette logique, le porte-parole du Gouvernement a averti que les discours appelant à la violence feraient l’objet d’une attention particulière de la part des dirigeants.
Encadrer les dérives sans étouffer le débat
La sortie de Patrick Muyaya intervient alors que la création du Front pour la Refondation de la Nation (FRN) alimente les discussions sur l’évolution de la situation politique et sécuritaire en RDC. Dans cet environnement, le Gouvernement entend empêcher que les désaccords ne débouchent sur des discours de haine dirigés contre les partenaires étrangers ou sur des appels à la violence.
La Pros.
