L’adresse à la Nation du Chef de l’État a été accueillie avec une clarté sans équivoque par l’Ambassadeur André-Alain Atundu Liongo. Pour lui, le dialogue tant attendu ne peut être une simple formalité. Il doit incarner la justice que réclame le peuple congolais. L’Ambassadeur André-Alain Atundu Liongo ne tourne pas autour du pot. La décision du Président Félix Tshisekedi de lancer ce dialogue est salutaire. Elle colle aux attentes profondes des Congolais. Mais attention, prévient-il. Ce rendez-vous d’importance nationale ne doit pas devenir une mascarade. Pas question d’en faire une cérémonie où l’on effacerait d’un geste les crimes commis dans l’Est du territoire national, pas question non plus d’offrir un trône à ceux qui ont les mains tachées de sang congolais. Son message est clair : la réconciliation ne passera pas par l’oubli.
Cette position ferme a un prix. Elle déplaît forcément à ceux qui espéraient une amnistie déguisée. Atundu le sait et l’assume.
« Ceux qui sont écartés pour répondre de leurs actes crieront à l’hostilité », dit-il en substance. Tant pis. La priorité n’est pas de ménager les coupables, mais de rendre justice aux victimes. La République ne peut transiger sur ce principe.
L’Ambassadeur ne s’arrête pas aux principes. Il passe à l’action. La commission promise doit voir le jour sans délai. Elle doit se mettre au travail immédiatement, selon un calendrier précis. L’heure n’est plus aux atermoiements ni aux discours.
Pour faire comprendre l’importance de sa position, Atundu convoque l’Histoire. « Associer les criminels notoires au dialogue, c’est comme associer Pétain et les collaborateurs à la réconciliation des Français », insiste cet acteur politique congolais.
“L’allocution du Président Tshisekedi pour annoncer officiellement sa décision de convoquer le Dialogue répond aux attentes populaires à savoir ne pas transformer cette rencontre de haute portée en une cérémonie baptismale qui lave de péché originel et en un rituel d’intronisation de ceux dont les mains sont remplies et dégouline du sang congolais. Evidemment, cette exigence fondamentale ne peut que déclencher des propos d’hostilité de la part de ceux qui en sont écartés pour répondre préalablement de leur crime contre le peuple congolais et la République Que à cela ne tienne la commission annoncée doit être rapidement désignée pour se mettre immédiatement au travail”, insiste André-Alain Atundu Liongo.
La Pros.
