Depuis la création du Mouvement Centriste Congolais, Germain Kambinga Katomba affirme avoir placé au cœur de son combat politique la défense des institutions étatiques, l’éveil patriotique et le développement de la République démocratique du Congo. Face aux défis multidimensionnels auxquels reste confronté le pays, Germain Kambinga encourage une gouvernance publique fondée sur l’anticipation et le pragmatisme. Plus de décennies après l’indépendance et un peu plus de sept ans après la toute première alternance au sommet de l’Etat, l’ancien Ministre de l’Industrie réclame des réformes qui puissent contribuer à la transformation nationale. Intervenant dans une émission diffusée, cette semaine, sur différentes plateformes digitales, le Leader du Mouvement Le Centre a exprimé son soutien au dialogue annoncé par le Président de la République, Félix Tshisekedi. Selon lui, cette initiative majeure constitue un signal fort qui renforcera la vitalité démocratique en RD Congo. Durant l’entretien, Germain Kambinga s’est surtout illustré par un appel vibrant en faveur du changement constitutionnel pour l’avènement de la Quatrième République. Avec détermination, il a préconisé que soit engagé, dans le cadre du prochain dialogue, un débat national serein autour de la Loi fondamentale, suivant les directives des populations.
A travers le changement de la Constitution, Kambinga reste convaincu que le pays va s’aligner sur des perspectives de restauration de sa souveraineté économique, étape cruciale pour son développement.
« Dans une démocratie, l’expression libre des opinions doit être garantie. Notre Mouvement a été créé pour proposer l’avènement de la Quatrième République. La première tribune du Centre, Mouvement politique congolais qui structure l’idéologie centriste, proposait l’avènement de la Quatrième République, dans une période non suspecte parce que le Président Tshisekedi n’était pas encore au sommet de l’État. Nous avions simplement anticipé sur des réalités économiques que nous vivons aujourd’hui. Nous avions déjà compris à l’époque que le Congo va très rapidement du fait de ses ressources naturelles être au cœur des enjeux internationaux qui permettront un afflux important des recettes. Il était donc question pour nous de regarder ce qui n’a pas marché et ce qu’il fallait changer dans notre organisation institutionnelle avec cette terre rare et ces minerais stratégiques dont nous disposons pour permettre à notre pays de se doter d’un outil d’organisation nationale… Nous n’avons pas changé d’avis », a-t-il insisté.
Tous pour la paix en RDC
Pour le Mouvement Centriste Congolais, l’urgence exige un sursaut patriotique. Il a rappelé la crise sécuritaire dans l’Est qui, selon lui, constitue un danger à combattre par une dynamique interne de cohésion et de responsabilité pour préserver la souveraineté territoriale de la RDC.
« Au-delà de notre souhait de voir une Quatrième République émerger, il y a un fait indéniable. De toutes les façons, ce débat ubuesque sur notre position par rapport à la Constitution n’a pas plus beaucoup de sens. L’avenir politique ou institutionnel de la RDC se décline en cinq scénarios. Le premier c’est la victoire du régime démocratique. C’est ce régime qui défend la République face à l’agression du Rwanda. Cette victoire consacre le changement de la Constitution. La deuxième hypothèse serait celle d’une victoire, que personne ne souhaite, de cette rébellion stipendiée par le Rwanda… Une fois les agresseurs arrivent, ils seront obligés, comme toutes les rébellions, de mettre en place une nouvelle Constitution. Le troisième scénario est celui d’un équilibre pérenne de force. Dans cette hypothèse, nous nous retrouvons dans le type de dialogue dont certains rêves et que nous, nous refusons catégoriquement parce que ce serait une capitulation. Il s’agit de ce type de dialogue que nous avons connu dans le passé, où il y a partage des pouvoirs. La quatrième hypothèse serait celle d’une atteinte à l’intégrité physique du Président de la République démocratique du Congo. Le cinquième scénario serait celui de la pérennisation du statu-quo actuel, qui pourrait conduire également à un référendum dans les territoires occupés. Les cinq hypothèses présentées montrent à suffisance qu’il n’y a pas d’avenir pour cette Constitution. Soyons pragmatiques et réfléchissons sur le Congo de demain et l’avènement de la Quatrième République au service du développement à travers l’émergence, les critères de compétence, l’amélioration des contre-pouvoirs et les véritables perspectives d’utilisation efficiente de nos ressources », a ajouté Kambinga.
Pour lui : « Lorsque nous parlons du changement de la Constitution, c’est dans un objectif économique et de développement. Nous voulons une Constitution qui mettrait en avant la méritocratie, le pouvoir de la sanction, les contre-pouvoirs, le développement »
Une Opposition en perte de vitesse
Lors de sa sortie médiatique, le Visionnaire du Mouvement Le Centre a adressé une vive interpellation à l’Opposition, qu’il accuse d’alimenter en permanence une espèce de manipulation politique en dépit de la crise sécuritaire sévissant dans l’Est du territoire congolais avec l’agression rwandaise.
« Le rôle d’une Opposition responsable et patriotique en période de guerre n’est pas de renforcer l’étau autour des institutions de la République. Nous avons, d’un côté, une Opposition en armes et, de l’autre côté, une Opposition intérieure en larmes qui, au lieu d’avoir un projet alternatif, est prête à s’accrocher à toutes les causes cachant son véritable but : l’affaiblissement du pouvoir démocratiquement installé avec une espèce de convergence parallèle d’intérêt avec l’agression rwandaise. C’est inadmissible. Le débat constitutionnel est une dispute démocratique qui a ses règles, dont l’arbitrage du peuple. Nous avons un peuple politiquement éveillé et conscient. Sinon, Félix Tshisekedi ne serait pas Président de la République. Il a bien fallu qu’il y ait un peuple qui décide au-delà des souhaits des appareils politiques de se révolter par le vote et d’imposer l’alternance. De la même façon, si Félix Tshisekedi veut se maintenir au pouvoir et que le peuple ne veut pas de lui, les choses se préciseront. Si le peuple ne veut pas du changement de la Constitution, c’est au même peuple de s’exprimer… Le peuple congolais est prêt à tous les sacrifices qui peuvent lui permettre de se doter de toutes les capacités à même de conduire à la défaite du Rwanda et au retour de la dignité. Cela passe par des réformes, des changements profonds et une refondation de l’État », a-t-il interpellé, avec fermeté, dans sa communication.
La Pros.
