Dans un communiqué cinglant publié ce dimanche 14 juin 2026, la Coalition Article 64 (C64) a dressé un bilan alarmant du sit-in organisé vendredi dernier sur l’esplanade du Palais du Peuple. Entre accusations de violences d’État, appels à la mobilisation générale et mise en garde au Sénat, l’opposition congolaise durcit le ton face au pouvoir de Félix Tshisekedi.
Le climat politique en République Démocratique du Congo franchit un nouveau palier de tension. Réunie sous la bannière de la « Coalition Article 64 pour la Défense de l’Ordre Constitutionnel » (C64), l’opposition — portée par des figures de proue telles que Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Augustin Matata Ponyo, Jean-Marc Kabund et Delly Sesanga — a vigoureusement condamné les événements survenus lors de la manifestation du 12 juin 2026.
Des accusations de violences graves et de « corps soustraits »
La coalition accuse directement le pouvoir de Félix Tshisekedi d’avoir porté une « atteinte grave à la sécurité et à l’intégrité physique » de plusieurs de ses dirigeants et militants.
Le point le plus préoccupant du document concerne la gestion des victimes. La C64 dénonce une répression « injustifiée et disproportionnée » exercée non seulement, selon elle, par la Police nationale, mais aussi par les « Forces du Progrès », une présumée milice qui serait affiliée à l’UDPS (parti au pouvoir), agissant, toujours selon elle, avec l’appui des forces de sécurité. Plus grave encore, la coalition « exige la restitution des corps sans vie soustraits des voies publiques par les éléments des forces publiques », suggérant ainsi l’existence de victimes mortelles dont les corps auraient été emportés pour dissimuler l’ampleur du bilan.
Un appel à la justice internationale
Face à ce qu’elle qualifie de « violations graves et répétées des garanties consacrées par la Constitution », la C64 estime que les institutions nationales ne sont plus en mesure de rendre justice de manière impartiale. En conséquence, elle appelle officiellement à l’ouverture d’une enquête internationale indépendante.
Cette enquête devrait, selon les signataires, identifier les auteurs, les commanditaires et les exécutants des violences afin de permettre aux victimes d’obtenir « vérité, justice et réparation ».
Le Sénat sous surveillance
L’enjeu de cette mobilisation reste la question de la révision constitutionnelle. La C64 a profité de ce communiqué pour adresser une mise en garde solennelle au Sénat. Elle exhorte la chambre haute à ne pas participer à toute entreprise visant à contourner les limites fixées par la Constitution.
« L’histoire retiendra la responsabilité des institutions et de leurs membres dans la préservation ou dans la remise en cause de l’ordre constitutionnel », prévient le document, soulignant le rôle de « chambre de sagesse » que doit jouer le Sénat pour éviter toute dérive dictatoriale.
Vers une intensification de la contestation
Loin de reculer, la coalition annonce une montée en puissance de ses actions. Une « grande réunion d’évaluation » est prévue pour ce mardi 16 juin 2026. À l’issue de cette rencontre, un nouveau calendrier d’actions citoyennes et constitutionnelles sera rendu public.
En conclusion, la C64 réaffirme sa détermination à faire échec à toute tentative d’instauration d’une « nouvelle dictature » et appelle à la « mobilisation générale » du peuple congolais et de la diaspora, s’appuyant sur l’article 64 de la Constitution qui fait obligation à tout Congolais de faire échec à quiconque prend le pouvoir par la force ou l’exerce en violation des dispositions constitutionnelles.
Alors que Kinshasa retient son souffle, l’annonce des prochaines étapes de la contestation ce mardi marquera sans doute un tournant décisif pour la stabilité politique du pays.
César Nkangulu
