La reconquête militaire des localités de Mikenge et Kakenge par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) apporte un mince soulagement stratégique dans le Sud-Kivu. En coupant les voies d’accès directes vers Minembwe, l’armée congolaise freine temporairement l’hémorragie. Mais cette victoire tactique ne doit pas masquer l’insoutenable réalité qui se joue dans l’Est du pays : celle d’une guerre d’agression perpétuelle, nourrie par le cynisme et la mauvaise foi.
Une fois de plus, le constat est tragique. Derrière les avancées sur le terrain se cachent des accusations croisées d’attaques de drones et des bilans humains révoltants, touchant des civils innocents et des enfants. Ce chaos porte une signature claire : celle de la coalition AFC/M23 et de son parrain indéfectible, le Rwanda.
Pendant que la population de Mikenge fuit des habitations détruites par les bombes, les masques tombent à nouveau. Comment accorder le moindre crédit aux engagements internationaux lorsque la réalité du terrain dément chaque promesse ? On se souvient de l’accord de paix signé en juin 2025 à Washington entre Kinshasa et Kigali, suivi en juillet de la déclaration de principe du Qatar en faveur d’un « cessez-le-feu permanent ». Des stylos sur du papier, des sourires devant les caméras, alors que le M23 planifiait déjà ses prochaines offensives. Après avoir asphyxié Goma et Bukavu au début de l’année 2025, la rébellion démontre qu’elle n’a jamais eu l’intention de déposer les armes.
Le double jeu de Kigali n’est plus un secret pour personne. Sous couvert de prétextes sécuritaires éculés, le régime rwandais continue d’alimenter l’instabilité pour maintenir son influence et faire main basse sur les richesses du sous-sol congolais. Ce pillage à huis clos dure depuis plus de trois décennies, favorisé par la passivité d’une communauté internationale prompte aux indignations de façade mais impuissante à imposer de réelles sanctions.
La reprise de Mikenge prouve que la résilience congolaise reste debout. Mais la paix ne se gagnera pas uniquement sur les crêtes du Sud-Kivu. Elle exige que le Rwanda soit enfin mis face à ses responsabilités criminelles et que le M23 soit traité pour ce qu’il est : une entreprise de terreur qui ne comprend que le rapport de force. Tant que l’agresseur bénéficiera d’une impunité diplomatique, les accords de paix ne seront que le triste préambule des prochains massacres.
La Pros.