Dans le cadre des efforts de lutte contre la 17ème épidémie d’Ebola en RDC, Médecins Sans Frontières apporte une assistance humanitaire de premier plan, marquant son engagement total en faveur de la protection des populations. Hier, jeudi 11 juin 2026, lors d’un café de presse organisé dans son siège de Ngaliema, MSF a solennellement présenté aux professionnels des médias l’étendue de son action aux côtés du Gouvernement dans la riposte à la souche Byndibugyo, mais aussi des mécanismes idoines envisagés dans une ambition plus large de soutien au système de santé congolais. Trois prises de parole ont marqué cet échange ouvert avec la presse. Il y a eu l’intervention du Représentant pays de MSF, Ewald Stals, le mot du Docteur Jean Gilbert, responsable médical de MSF en RDC et l’allocution de M. Albert Essoun, Chef des programmes adjoint de MSF en Ituri.
Tous pour la protection des populations
A la lumière des informations livrées à la presse, depuis la confirmation de la résurgence d’Ebola en République démocratique du Congo, MSF déploie des efforts inlassables dans la sensibilisation, apporte une expertise médicale qualifiée et mobilise un personnel soignant dynamique pour soutenir les communautés vivant dans les zones et les provinces touchées par l’épidémie d’Ebola. Derrière le Ministère de la Santé publique, hygiène et prévoyance sociale, l’organisation a pu mettre en place quatre centres de traitement spécialisés, notamment en Ituri, dédiés pleinement à accueillir des malades, qui bénéficient d’un suivi médical de qualité, en dépit du contexte difficile dû à l’activisme de certains groupes armés. Selon Représentant pays Ewald Stals, MSF, partenaire clé du Gouvernement, a pu mobiliser, à ce jour, environ 100tonnes d’équipements médicaux dans à travers les zones de santé affectées par Bundibugyo. Ses efforts dans la riposte s’évaluent à près de 15 millions USD.
« On a déjà acheminé presque 100tonnes de matériels dans le pays. Il ne faut pas qu’on panique. Mais il ne faut pas négliger la réalité sur le terrain. On n’est pas encore au contrôle de cette épidémie. Elle est en train de s’élargir, de toucher de nouvelles villes, surtout en Ituri… On va continuer nos efforts, augmenter nos budgets, mobiliser les personnes qui vont s’impliquer dans la prise en charge », a soutenu Ewald Stals.
MSF insiste sur l’action et la responsabilité
A son niveau, lors de son intervention, Docteur Jean Gilbert, responsable médical de MSF en RDC, a fourni des renseignements sur l’évolution de la situation épidémiologique actuelle. Selon ce responsable, la RDC comptait, jusqu’il y a deux jours, 635 cas attestés, 127 décès confirmés, 260 patients en isolement, 32 patient guéris et 119 cas suspects. Il a eu à saisir l’occasion pour apporter un éclairage fidèle sur la portée de la contribution de MSF aux efforts du Ministère de la Santé publique. Il a saisi le moment pour rappeler l’importance des gestes barrières pour limiter la propagation du virus.
« MSF est actuellement en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. En Ituri, nous avons deux centres de traitement spécialisés avec un personnel dédié à la prise en charge Ebola. Nous avons un centre de traitement à Mongwalu qui est l’épicentre de l’épidémie. Nous avons un centre de traitement à Bunia. Nous avons un centre de traitement au niveau de Goma et nos équipes sont en train de travailler à Bukavu, également au niveau de Beni, Butembo pour voir s’il y a lieu de pouvoir mettre en place un centre de traitement… L’épidémie est très dynamique et la réponse également doit être très dynamique. C’est dans ce cadre-là que nous travaillons en apportant précisément des soins aux patients dans les centres de traitement spécialisés. Au-delà des soins que nous apportons, nous participons avec les autres partenaires aux activités de renforcement et d’engagement communautaire. Nous travaillons également au niveau de la coordination de la réponse. Nous accompagnons aussi toutes les structures en termes d’approvisionnement du matériel de protection. Le plus important pour nous aujourd’hui en tant que MSF, c’est de s’assurer que la prise en charge des autres pathologies continuent d’être disponible pour les populations. Dans ce cadre, nous avons, sur tous nos projets, renforcé ce que nous appelons les mesures de protection, dans les provinces affectées et ailleurs. Partout où nous avons des projets, nous avons mis en place des circuits appropriés pour éviter effectivement qu’il y ait des contaminations dans les structures. Nous continuons de former le personnel. MSF continue aux côtés du Ministère à assurer les soins de populations qui ne souffrent pas d’Ebola, tout en œuvrant dans la riposte à cette épidémie. Nous pouvons éviter la contamination en utilisant des mesures barrières : se laver les mains, éviter des contacts, aller vers les centres hospitaliers dès qu’on a les premiers signes », a souligné le Docteur Jean Gilbert.
Pour sa part, Albert Essoun, Chef des programmes adjoint de MSF en Ituri, a rappelé la nécessité de lutter contre les fausses informations autour de l’épidémie. Il a exhorté la population à faire preuve de vigilance et à toujours signaler les cas suspects pour favoriser la prise en charge des malades. « Nous traitons des signes, des symptômes… L’idéal c’est que le patient soit vu beaucoup plus tôt. La guérison est possible. Il faudrait que le patient ait une bonne immunité », a-t-il explicité, face à la presse, lors de sa communication.
GM
