La République Démocratique du Congo met les bouchées doubles dans la sécurisation de son secteur minier. L’Inspection Générale des Mines (IGM) a annoncé le lundi 27 avril 2026, la création officielle de la Garde Minière, une unité spéciale paramilitaire appelée à jouer un rôle central dans l’assainissement et la stabilisation de l’exploitation des ressources naturelles du pays. A travers cette initiative, les autorités entendent répondre à l’impératif de restaurer l’ordre, renforcer la transparence et garantir la traçabilité dans un secteur longtemps fragilisé par des pratiques illicites.
« La volonté du Président de la République, que nous mettons en œuvre, est d’assainir l’ensemble du secteur minier de la RDC, en éliminant les pratiques contraires à la bonne gouvernance, à la transparence et à la traçabilité des minerais », a déclaré l’Inspecteur Général des Mines, Rafael Kabengele.
Le projet prévoit le déploiement progressif de plus de 20 000 gardes d’ici fin 2028, couvrant les 22 provinces minières placées sous la supervision de l’IGM. Une première vague de 2 500 à 3 000 agents sera recrutée à l’issue d’un processus rigoureux, ouvert à tous sans distinction de genre. Ces recrues bénéficieront d’une formation intensive de six mois, en collaboration avec la Maison militaire, avant leur mise en service.
Le calendrier de mise en œuvre est déjà fixé. Le lancement du recrutement interviendra en mai 2026, suivi de la formation de la première promotion entre juin et décembre de la même année. Le premier contingent opérationnel sera déployé dès décembre 2026. A l’horizon 2027, les besoins sécuritaires du Grand Katanga et de la Grande Orientale devraient être entièrement couverts, avant une extension nationale complète prévue pour fin 2028.
Dotée d’un financement estimé à 100 millions de dollars, la Garde Minière s’inscrit dans le cadre de partenariats stratégiques avec les États-Unis et les Émirats arabes unis. Les infrastructures d’entraînement nécessaires sont déjà opérationnelles, garantissant un déploiement rapide et efficace.
Sur le terrain, cette unité aura pour missions principales la sécurisation des sites miniers, le convoyage sécurisé des minerais depuis les zones d’extraction jusqu’aux centres de traitement et aux frontières, ainsi que le remplacement progressif des éléments des forces de défense actuellement mobilisés dans ces zones.
En plus de l’aspect sécuritaire, la création de la Garde Minière s’inscrit dans une vision plus large de valorisation des ressources naturelles de la RDC. En instaurant un environnement stable et fiable, les autorités espèrent renforcer la confiance des investisseurs, accroître les recettes publiques et faire du secteur minier un véritable levier de développement économique durable.
Avec cette réforme d’envergure, Kinshasa affiche clairement son ambition de reprendre le contrôle total de ses richesses et en faire bénéficier pleinement la nation.
Nathan Mundele
