Du vendredi 24 au dimanche 26 avril 2026, la Communauté Baha’ie de la République démocratique du Congo a tenu sa 48ème Convention nationale dans sa Maison d’adoration située dans la commune de la N’sele. Un rendez-vous annuel d’envergure, marqué par des moments de consultation profonde, de prière et de prise de décisions majeures pour l’avenir de la communauté. Cette grand-messe spirituelle a réuni des délégués venus de différentes provinces du pays, tous animés par un objectif commun : réfléchir aux voies de développement des communautés locales et à l’expansion harmonieuse de la Foi Baha’ie à travers le territoire national.
Au cœur des travaux, les échanges nourris entre délégués et membres de la communauté ont permis de dégager des pistes concrètes pour renforcer l’administration de la cause de Dieu et intensifier le rayonnement de la foi.
Un processus électoral singulier et inspirant
Moment clé de la Convention, le scrutin pour l’élection des neuf membres de l’Assemblée Spirituelle Nationale, pour l’an 183 de l’ère Baha’ie, s’est déroulé le samedi 25 avril dans un climat empreint de recueillement.
Fidèle à la tradition baha’ie, ce processus électoral s’est distingué par son caractère unique : absence de candidatures, pas de campagne électorale, et un vote basé exclusivement sur la moralité, la compétence et le désir sincère de servir.
Au total, 56 bulletins valides ont été enregistrés. À l’issue du dépouillement, les membres suivants ont été élus :
– Lem’s Kamwanya (50 voix)
– Lavoisier Mutombo (48 voix)
– Clémentine Biongo (42 voix)
– Madeleine Lutshaka (40 voix)
– Samuel Beya (38 voix)
– Alex Kabeya (31 voix)
– Luonga Joseph (31 voix)
– Bopé Mbatshi (27 voix)
– Kulu Tomene Tutu (25 voix)
Nouvellement élu, Lem’s Kamwanya a livré une analyse approfondie des enjeux de cette Convention, insistant sur l’évolution constante des orientations communautaires :
« Dans le fond, il y a toujours quelque chose de nouveau. La première particularité, c’est qu’avant chaque convention nationale, nous recevons le message qui vient de notre centre mondial, qui nous fait un état des lieux sur l’évolution du monde, et qui nous montre les domaines, les champs dans lesquels nous devons évoluer les autres années. »
Dans un long développement, il a souligné l’importance du passage de la réflexion à l’action :
« Alors cette année, nous sommes allés plus dans la pratique, en regardant ce que nous sommes en train de faire sur le terrain, pour continuer à enseigner, pour continuer à nous impliquer davantage dans l’action sociale, et aussi pour continuer à travailler avec les autres, parce que les Baha’is sont là, pas pour travailler pour eux-mêmes, mais pour travailler pour l’humanité. »
Et d’insister sur la dimension collective de cet engagement :
« Ils ne doivent pas travailler seuls, ils doivent travailler avec les autres, parce que nous cheminons ensemble sur le chemin des services dans ce cadre de construction communautaire. »
Dans une vision plus large, Lem’s Kamwanya a rappelé la portée universelle des enseignements baha’is :
« En tant que Baha’is, nous pensons que Baha’u’llah, en tant que messager de Dieu, a apporté les solutions à tous les problèmes que rencontre le monde actuellement. C’est ainsi que là où il y a des problèmes, les Baha’is sont prêts pour consulter, avoir des conversations riches avec les autres, et proposer les solutions que Baha’u’llah a recommandées dans sa Révélation. »
Une ouverture saluée par l’UJECO
Fait marquant de cette édition : la participation des membres de l’Union des Jeunes des Confessions religieuses (UJECO), invités à observer le déroulement de la Convention.
Impressionnés par la rigueur organisationnelle et la profondeur spirituelle du processus, ces derniers n’ont pas caché leur admiration.
« Ce qui m’a touché est que l’élection n’a pas porté atteinte à ce qui est principal, c’est-à-dire la spiritualité. Tout s’est passé dans le calme. Même nous, observateurs, nous nous sommes sentis comme des co-acteurs afin que tout se passe dans l’harmonie », a déclaré leur représentant.
Dans une déclaration particulièrement dense, il a poursuivi :
« Cette façon de faire nous a permis d’apprendre. Votre ouverture a permis à chaque leader des Jeunes des Confessions religieuses d’avoir une idée de comment copier certaines pratiques chez nous. En tant que co-décideur de mon église, je peux implémenter ce que j’ai vu ici pour apporter une dose d’éthique dans mon Assemblée, pour que les élections ne soient pas une occasion de division. »
Avant de conclure sur une note d’engagement :
«Nous sommes fiers de la Communauté Baha’ie, vous êtes un exemple à suivre. L’UJECO va continuer à apprendre à vos côtés. À tous les membres de l’Assemblée Spirituelle Nationale, ne nous abandonnez pas. L’UJECO est disponible à collaborer avec vous pour le bien de notre société. »
Une Convention tournée vers l’action et l’unité
Au terme de ces assises, la 48e Convention nationale apparaît comme un moment charnière, orienté vers une foi agissante, ancrée dans la réalité sociale et ouverte au dialogue intercommunautaire.
Entre renouvellement des instances dirigeantes, approfondissement des consultations et renforcement des partenariats, la Communauté Baha’ie réaffirme ainsi son engagement : contribuer activement à la construction d’une société plus unie, plus éthique et résolument tournée vers le bien commun.
Nathan Mundele
