Devenu un fléau qui ravage le secteur judiciaire congolais, la corruption représente un frein considérable sur le chemin menant la RDC vers la démocratie. C’est ainsi que Maître Willy Wenga Ilombe wa Makulukilo, avocat au Barreau de Kinshasa Gombe, s’est dit rassuré par les dispositions prises par le Président de la Cour constitutionnelle pour lutter contre la corruption lors du traitement des contentieux électoraux des scrutins combinés du 20 décembre dernier.
Maître Willy Wenga a noté la subtilité avec laquelle Dieudonné Kamuleta a conçu les audiences en matière des contentieux électoral pour éviter toute dérive dans le traitement de ces dossiers. ‘’ A voir les choses, c’est comme si le Président de la Cour constitutionnelle, en concevant les audiences en matière des contentieux électoraux, a eu déjà à penser à cette situation de corruption et a fait que contrairement aux années passées, que les organes s’organisent en terme de chambre unique. Donc, tous les dossiers qui sont passés par la Cour constitutionnelle ont été instruits par une chambre unique, c’est-à-dire, la chambre réunie, ce qui fait qu’avec le nombre de tous les juges de la Cour constitutionnelle, ça réduit les tentatives de corruption. Parce que comment vous pouvez corrompre 9 juges au même moment, pour espérer obtenir gain de cause’’, a indiqué l’ancien membre du Conseil de l’Ordre, qui considère cette mesure comme un rempart efficace dans la lutte contre la corruption en milieu judiciaire.
Il pointe du doigt les justiciables comme étant la cause première des cas de corruption, qui, en voulant à tout prix gagner leurs procès, en voulant être confirmé ou maintenu vainqueur des élections, se font escroquer par des charlatans qui viennent au nom du président de cette instance judiciaire, pour leur soutirer de l’argent alors que la machine s’est resserré pour limiter les actes de corruption.
Par ailleurs, Willy Wenga a formulé quelques suggestions pour ne pas tomber dans la corruption : éviter tous ceux qui se présentent au nom du président de la Cour constitutionnelle, alors qu’il n’a rien demandé ; et au niveau de greffe, de veiller à ne pas perdre les pièces qui sont dans les dossiers. Il est sûr qu’avec cette chambre constituée des 9 juges, la corruption ne peut y avoir lieu dans le traitement des contentieux électoraux.
Il y a lieu de rappeler que Maître Willy Wenga Ilombe wa Makulukilo, avocat du Barreau de Kinshasa Gombe depuis 1998, est également ancien membre du Conseil de l’Ordre des Avocats et membre de la Commission permanente de formation des avocats depuis 2008. Auteur de ‘’Aide-mémoire Pour les Contentieux des Résultats Electoraux’’, paru à l’Edition de l’Observatoire congolais de la vie judiciaire, et qui parle de la contestation des résultats provisoires des élections, de la défense contre la requête en contestation ou en annulation du scrutin et du traitement du contentieux.
Nathan Mundele
