(Par Professeur Florent Gabati)
Le remaniement du gouvernement annoncé dans la nuit du jeudi 7 au vendredi 8 août 2025 demeure un spectacle glaçant avec une fois de plus un exécutif pléthorique qui va à contrario de la promesse faite par le président congolais de diminuer la voilure. Si l’indigestion ne date pas d’aujourd’hui, rien ne dit que la mayonnaise ait pris entre les patriotes congolais et ce casting Suminwa II dont la quantité ne remplace jamais la qualité. C’est encore une insulte aux congolais en leur imposant des personnalités politiques sulfureuses à plusieurs facettes, que les patriotes n’ont plus envie de revoir. Que ça soit Bemba, Budimbu, Kabamba, Muhindo et tant d’autres, il n’y a que des illusions perdues puisque tous ne sont que des marchands de rêve dissimulant leurs intérêts de mieux se servir dans un système politique baroque. Alors qu’un cycle de différentes négociations de paix en RDC tend à s’achever, le pouvoir actuel devrait réfléchir en amont sur la pertinence de ce remaniement. Avec beaucoup de subtilité, le président congolais n’est plus maître des horloges politico-sécuritaires. Est-ce que Tshisekedi peut-il tenir jusqu’en 2028 ? Cela ne dépend plus seulement de lui. Si la RDC est fracturée aujourd’hui, c’est à cause de lui et il demeure le problème pour avoir généré la dynamique de la guerre. D’ailleurs Albert Einstein disait qu’il ne faut pas compter sur les gens qui ont créé des problèmes pour les résoudre. On ne peut pas avoir confiance aux fossoyeurs de l’économie, de la paix pour réparer les torts qu’ils ont faits.
La vraie question : ce remaniement pourquoi faire, pour quels résultats avec des ministres dont les recettes sont périmées et qui demeurent de vrais flibustiers? Sont-ce ces nouveaux visages entrant au gouvernement qui incarneront d’autres modi operandi politiques ? Aujourd’hui, ce remaniement ça crève les yeux, car derrière ce théâtre d’ombre se cachent d’autres agendas. Nous assistons à un effet d’habillage sous l’action de remaniement pour donner l’impression d’ouverture politique en débauchant des acteurs de la société civile ou de l’opposition. Peut-on compter sur des voleurs de première catégorie pour amorcer une rupture avec la State capture, la prédation, l’état d’esprit pollué?
Dans ce paysage d’attelage des postes ministériels, la quadrature du cercle reste dans leur stabilité. Au vu des contingences actuelles en RDC, le futur du pays reste imprévisible, peu lisible. C’est pourquoi la dynamique de consolidation de la paix à travers les différents accords en cours, de la reconstruction nationale, de la formation d’un nouveau gouvernement ne dépend que de l’organisation du forum national souhaité par tous les congolais. Tous ces leviers feront partie de la batterie des signaux envoyés par la dynamique de cette table ronde nationale.
In fine, nous ne cesserons de le souligner que le paradigme de futures générations congolaises s’enracinera sur la question de la qualité des dirigeants congolais, du respect des institutions et leur stabilité. Préalablement c’est dans le cadre du forum national où nous trouverons toutes ces solutions.
Professeur Florent Gabati
