Dans le cadre de ses recherches dans l’écologie des maladies infectieuses, qui est son domaine de prédilection, le Docteur Rhodin Shindani a placé la barre haute, en décrivant le parcours des soins des patients co-infectés, depuis les premiers symptômes, jusqu’à l’initiation et le maintien du suivi clinique. Et ce, dans les structures de l’étude caractérisé sous différentes formes de stigmatisation. Dans un entretien à cœur ouvert avec la presse, il a retracé du fond en comble la synthèse de ses recherches scientifiques.
L’approche scientifique face à la stigmatisation
En sa qualité de Médecin à l’Université de Kinshasa (UNIKIN) et prestant à l’Hôpital Général de Kabinda, il définit la stigmatisation comme un processus social par lequel, certaines personnes sont rejetées ou discriminées, à cause d’une caractéristique perçue différemment, à titre d’exemple, la maladie ou le statut social. Cela crée donc un désavantage social, psychologique et médical avec un impact négatif dans l’observance thérapeutique et dans la vie psychologique sociale et socio-économique.
Il poursuit en affirmant que la stigmatisation peut être perçue en interne, à la communauté, tout comme dans l’institution, à travers une attitude indésirable du personnel de Santé vis-à-vis du patient notamment, par le rejet, l’absence de confidentialité et manque d’empathie.
Résultats attendus à moyen et long terme
En marge de ses entretiens scientifiques menés auprès des patients co-infectés, le Docteur Rhodin Shindani est arrivé aux résultats ci-après :
‘’La Stigmatisation sous la forme communautaire et intériorisée jusqu’à ce jour, demeure un obstacle majeur à une prise en charge optimale’’, soutient-il. La quête des soins est tardive, souvent déclenchée par la dégradation physique sévère.
Le soutien familial et la quantité des soins demeurent les principaux piliers de la résilience et l’observance thérapeutique. Pour finir, il estime que la lutte contre la stigmatisation doit être considérée comme une intervention de Santé Publique dans la prise en charge intégrée de la TB/ VIH SIDA.
Recommandations
Eu égard à ces travaux de recherche, ce chercheur de son état en Eco-épidémiologie, est d’avis que la lutte contre la stigmatisation doit être globale, en prenant en compte les facteurs biologiques, tout en intégrant la dimension sociale. Ceci, par conséquent, l’a poussé à faire des recommandations entre autres : Primo : Aux décideurs politiques
– Il recommande le renforcement à la sensibilisation nationale contre la stigmatisation lié au VIH/ TB (Campagne médiatique, massages communautaires) ;
– Mettre en place des lois de protection contre la discrimination lié au statut sérologie
Deuxièmement : Aux Professionnels de santé :
– De renforcer le secret médical et confidentialité ;
– Développer des groupes de parole thérapeutiques pour aider les patients à surmonter la stigmatisation intériorisée.
Troisièmement, à la communauté :
– Organiser des séances de sensibilisation communautaires dans les églises, les marchés, écoles, sur la non contagiosité sociale de la TB/ VIH ;
– Promouvoir la solidarité communautaire et les réseaux de soutien des malades (groupe d’entraide)
Enfin, aux patients :
– Favoriser l’autonomisation économique (micro crédits, formation artisanale) pour réduire la dépendance financière ;
– Suivre rigoureusement le traitement et participer aux séances de conseil.
Carlos Ituku/CP
