Le rapport des consultations politiques lancées par le chef de l’Etat devant aboutir à la formation d’un nouveau gouvernement se trouve encore sur sa table. Les prélats catholiques et protestants attendent, à leur tour, d’être reçus pour déposer en primeur leurs résultats, après leur périple à travers le monde.
En attendant, les pourparlers de Doha piétinent contrairement à Washington. C’est sur ces entrefaites qu’a surgi la proposition du leader de l’Ecidé, Martin Fayulu, de rencontrer le chef de l’Etat. C’est hier jeudi que le rendez-vous, tant attendu, a eu lieu.
Pour ce faire, Fayulu a appelé à l’unité nationale face aux menaces qui pèsent sur la République par la création d’un camp de la patrie, un nouveau format de l’Union sacrée de tous les Congolais transcendant des partis, des clivages, des ambitions personnelles…
Les images de chaudes accolades, hier à la Cité de l’Union africaine, sont la preuve d’ouverture entre les deux personnalités dans le sens d’une nouvelle configuration politique. Le président « élu » a accepté de mettre de côté ses divergences pour barrer la route à toutes les velléités de balkanisation de l’Est de la RDC.
En effet, les leaders ont appris à se haïr depuis l’avènement à la magistrature suprême de Félix Tshisekedi. La rencontre d’hier est un tournant décisif pour la République pendant que Joseph Kabila tente de se trouver une place au sein de l’AFC/M23 et Moïse Katumbi de son exil, est parti aux USA pour rencontrer ses partenaires.
Face à cet élan de solidarité des forces politiques et de la société civile autour de la défense de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC, il y a plusieurs enjeux. Le leadership de l’opposition mis en ballotage entre Fayulu, Katumbi et tout dernièrement la présence de Kabila, semble battue en brèche par le choix porté par Tshisekedi sur Fayulu.
L’Union sacrée en berne depuis l’élargissement de son présidium ne pourra qu’adhérer à ce nouvel appel à la mobilisation. C’est dire que la majorité présidentielle dans son format actuel doit davantage s’ouvrir à la dynamique que pourra apporter le leader de l’Ecidé.
Rien ne sera désormais comme avant dès lors qu’il faille déjà envisager un gouvernement d’union nationale non pas issu des consultations de la Cité de l’Ua mais sur le modèle de partage avec l’opposition. La recette a déjà été servie en République démocratique du Congo. Elle a échoué par manque de sincérité politique des protagonistes. Il y a donc nécessité de tirer les leçons des situations antérieures pour ne pas tomber dans les mêmes travers.
La Pros.