La sensibilisation en faveur du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat se poursuit. Le Gouvernement congolais entend engager les énergies nécessaires afin d’assurer une opération véritablement participative, inclusive et tournée vers une gouvernance démographique réformée. En première ligne de cette dynamique institutionnelle, Guylain Nyembo Mbwizya, Ministre d’Etat du Plan et de la Coordination de l’Aide au Développement, ne jure sensiblement que par les actes. Au cours d’une séance de concertation tenue hier, jeudi 3 septembre 2026, à Kinshasa, il a, en effet, sensibilisé les membres du Corps diplomatique accrédités en République démocratique du Congo, captant ainsi leur disponibilité à accompagner le processus du RGPH-2.
Dans son intervention, lors de cette rencontre organisée à Fleuve Congo Hôtel, dans la commune de la Gombe, M. Guylain Nyembo a livré une communication saisissante qui a mis en relief l’importance capitale du recensement de la population dans la planification des politiques publiques, la volonté de la RDC de se conformer aux standards modernes en matière des données statistiques et le rôle attendu des représentations diplomatiques pour garantir la qualité méthodologique du processus du deuxième Recensement Général de la Population et de l’Habitat sur le territoire congolais.
« Pour le Gouvernement, et je n’ai point de doute que c’est aussi cela la perception de nos partenaires, le RGPH-2 est considéré non comme une opération administrative supplémentaire, mais comme un investissement stratégique dans l’avenir du Congo. En effet, investir dans le recensement, c’est investir dans une meilleure planification. C’est investir dans une meilleure allocation des ressources publiques. C’est investir dans des politiques de développement plus justes, plus efficaces et plus proches des réalités de nos populations. Et c’est, finalement, donner à la République Démocratique du Congo les moyens de mieux mesurer son potentiel, ses besoins et ses progrès », a-t-il explicité.
Tous derrière le Gouvernement
Dans son discours, le Ministre d’Etat Guylain Nyembo a exhorté les missions diplomatiques à servir des relais auprès des organismes internationaux, à contribuer à la mobilisation de leurs communautés vivant sur le territoire national et à faciliter le travail des équipes de cartographie et de recensement. Tenant compte des défis persistants, Guylain Nyembo a préconisé la mise en place urgente, entre le Gouvernement et les ambassades, d’un mécanisme permanent de dialogue et la désignation des points focaux pour un partenariat plus efficace dans la matérialisation du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat.
« L’ampleur de l’opération de Recensement Général de la Population et de l’Habitat exige davantage qu’un financement. Elle exige la confiance, l’expertise, la mobilisation et la responsabilité collective. C’est pourquoi je voudrais, à cette tribune, lancer un appel particulier à l’ensemble de nos partenaires. Nous avons besoin de votre accompagnement technique pour renforcer les capacités nationales et garantir la qualité méthodologique du processus », a martelé le Ministre d’Etat au Plan.
État d’avancement du RGPH-2
Présent lors des échanges, le coordonnateur du Bureau central du recensement (BCR), Henri Marie Kazadi, a levé un coin du voile sur l’état d’avancement du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2) en République démocratique du Congo. Face aux diplomates, il s’est livré à un exercice de pédagogie pour expliquer les différentes étapes de ce vaste processus. Selon lui, le RGPH-2 s’articule autour de quatre grandes phases : la phase préliminaire, la phase préparatoire, le dénombrement général de la population et la phase post-censitaire. À ce jour, le pays se trouve dans la phase préparatoire, après l’achèvement avec succès de l’étape préliminaire. Cette nouvelle étape se poursuit notamment à travers les activités de sensibilisation et la préparation technique du déploiement des équipes sur le terrain.
Après le recrutement des agents cartographes intervenu en juin dernier, le Gouvernement se dit désormais prêt à franchir une nouvelle étape majeure : le lancement de la cartographie censitaire à Kinshasa la semaine prochaine. Cette opération devra ensuite s’étendre progressivement aux différentes provinces du pays.
Grands axes du calendrier des opérations
Le Coordonnateur du BCR a également présenté aux diplomates les principales activités qui restent à réaliser avant la publication des résultats définitifs.
Parmi les prochaines échéances figurent notamment la collecte des données à Kinshasa, prévue de septembre à octobre 2026, ainsi que la formation des cartographes des clusters 2 et 3, programmée d’octobre à novembre 2026. La collecte des données dans ces deux clusters interviendra ensuite entre novembre 2026 et janvier 2027. Dans le même temps, la production des aires de dénombrement finales s’étendra de septembre 2026 à février 2027. Le recrutement des agents recenseurs est, quant à lui, annoncé pour décembre 2026 et janvier 2027, avant une formation en cascade qui devrait se poursuivre de février à juin 2027. Le moment décisif du processus interviendra en juillet 2027, avec le dénombrement général de la population sur l’ensemble du territoire national. Celui-ci sera suivi, en septembre 2027, par l’enquête post-censitaire destinée notamment à évaluer la qualité et la couverture du recensement.
La dernière ligne droite concernera ensuite le traitement et l’analyse des données, prévus de juillet à novembre 2027. Si le calendrier est respecté, les résultats du RGPH-2 devraient finalement être publiés en décembre 2027. Avec ce calendrier désormais clairement établi, le BCR entend donner davantage de visibilité à un processus présenté comme essentiel pour permettre à la RDC de disposer de données démographiques fiables, indispensables à une meilleure planification de ses politiques publiques et de son développement.
Une opération scientifique et non politique
En début de semaine, au cours d’une rencontre de sensibilisation dédiée aux Institutions de la ville province de Kinshasa, tenue à Hilton Hôtel, le Ministre d’Etat Guylain Nyembo s’est illustré par un langage empreint de clarté et de conviction. Au-delà de son message sollicitant l’appropriation du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat, il a eu, surtout, à épingler une précision de taille : le RGPH-2 constitue une opération scientifique d’envergure nationale et non une démarche politique. Son objectif est celui de moderniser le système statistique national et de doter la RDC d’un outil d’aide à la planification durable du développement, après 42 ans de gouvernance fondée sur de simples estimations. Le processus, censé s’achever en 2027, avec la publication des résultats en décembre, a-t-il rassuré, n’aura donc aucun impact sur les futures échéances électorales. Selon lui, le deuxième Recensement général de la population et de l’habitat se diffère sensiblement de l’opération d’identification nationale, qui ne tient compte que des congolais. Par contre, avec le recensement, le Gouvernement entend connaître le nombre exact des populations vivant sur l’étendue du territoire national, y compris les étrangers. D’où, justement, la mobilisation des missions diplomatiques accréditées en RDC pour une mobilisation beaucoup plus large et une appropriation mieux encadrée.
La Namibie épouse la vision congolaise
Il y a lieu de noter que lors de la séance d’information et de concertation avec les diplomates, la Namibie, par le truchement de son Ambassadeur en poste à Kinshasa, a manifesté sa volonté de mobiliser ses experts pour appuyer les opérations du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat. L’Ambassadeur namibien a loué le leadership du Ministre d’Etat Guylain Nyembo et a encouragé le Gouvernement congolais à maintenir son élan des réformes pour une gouvernance adaptée aux aspirations profondes des populations.
Gloire Mfemfere
