Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a exprimé sa profonde préoccupation et a condamné la méthode employée par la Police nationale congolaise lors de l’interpellation de Delly Sesanga, président du parti politique « Envol ». Cet incident a eu lieu lors d’une manifestation de l’opposition la semaine dernière à Kinshasa, qui dénonçait la révision ou le changement de la Constitution.
Lors de la 22ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue le 15 novembre 2024, Félix Tshisekedi a demandé au Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires Coutumières, Jacquemain Shabani, de prendre des mesures pour mieux encadrer les manifestations publiques afin d’éviter de tels incidents à l’avenir.
‘’Peu importe le motif de l’interpellation de cet acteur politique, la méthode utilisée par les éléments de la police pour le conduire à leur poste ne devrait nullement s’apparenter à des voies de fait traduites par une brutalité que je déplore et condamne », a déclaré le Chef de l’Etat, en s’indignant de la manière dont cette manifestation a été réprimée par les agents de l’ordre.
Droit à la liberté d’expression
Félix Tshisekedi a également rappelé que la Constitution garantit le droit à la liberté d’expression, en référence à l’article 23. Il a souligné que toute personne a le droit d’exprimer ses opinions et ses convictions, une liberté essentielle dans une démocratie. Il a précisé que ce droit doit s’exercer dans le respect de la loi et de l’ordre public.
Au cours d’une marche organisée jeudi dernier dans la commune de Kalamu, l’opposant Delly Sesanga a été interpellé par les services de sécurité avec plusieurs de ses sympathisants. Accompagné de Bernadette Tokwaulu Aena, il distribuait des tracts et mobilisait ses partisans contre la révision constitutionnelle. Après une heure d’interpellation, ils ont été libérés, mais cet incident a mis en lumière les tensions croissantes autour des droits d’expression en RDC.
Cette manifestation s’inscrit dans le cadre d’un mouvement plus large, intitulé « Sursaut patriotique contre la révision ou changement de la Constitution et un troisième mandat pour Félix Tshisekedi ». Ce collectif prévoit d’organiser plusieurs manifestations à travers le pays et à l’étranger, avec un grand rassemblement attendu le 16 décembre 2024 pour commémorer l’anniversaire du référendum constitutionnel de 2005.
La déclaration du Président Tshisekedi souligne l’importance de la protection des droits civiques et la nécessité d’un encadrement adéquat des forces de l’ordre lors des manifestations. Tandis que le pays se prépare à des mobilisations croissantes, cette situation met en évidence les défis auxquels la RDC est confrontée en matière de liberté d’expression et de respect des droits humains.
Nathan Mundele
