Tandis que la rentrée scolaire 2025-2026 a débuté sur l’ensemble du territoire national, le Gouvernement de la République a tenu à marquer le coup. Lors d’un briefing spécial organisé, hier jeudi 4 septembre 2025, le Ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, et la Ministre d’Etat en charge de l’Education Nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, ont présenté un état des lieux des réformes éducatives. Au cœur des échanges : la réaffirmation de la gratuité de l’enseignement comme un acquis non négociable, la condamnation ferme de sa suppression unilatérale par les forces d’occupation de l’AFC/M23 à Goma et Bukavu, et le déploiement d’une vision ambitieuse pour l’avenir de l’école congolaise.
Stratégie gouvernementale
C’est un front uni que le Gouvernement a présenté face aux défis qui secouent le secteur de l’éducation. D’emblée, le Porte-Parole du Gouvernement, Patrick Muyaya, a tenu à souligner le climat général dans lequel cette rentrée s’est déroulée. « Nous avons observé une rentrée scolaire apaisée en grande partie sur tout le territoire national », a-t-il déclaré, attribuant ce succès à une stratégie gouvernementale claire.
« Le Président de la République, tout comme la Première Ministre, considèrent le dialogue social, notamment avec les enseignants, crucial pour permettre notamment que cette rentrée puisse se dérouler dans des conditions de sérénité », a enchaîné Patrick Muyaya.
La gratuité, un acquis constitutionnel bafoué par l’occupant
Cependant, cette sérénité est brutalement contrastée par la situation prévalant dans les zones sous occupation de l’AFC/M23. Le Ministre Muyaya a dénoncé avec la plus grande fermeté la décision des forces supplétives du Rwanda d’abroger la gratuité de l’enseignement, une mesure phare du Président Félix-Antoine Tshisekedi.
« La gratuité, c’est un acquis constitutionnel qui a été appliqué 13 ans après la promulgation de la Constitution mais nous avons lu notamment, à travers les réseaux sociaux, que les occupants illégaux se permettent en toute liberté de supprimer la gratuité, imposant ainsi les parents de payer », a-t-il martelé.
Il a rappelé l’illégitimité totale de telles actions, soulignant que les agresseurs ne sauraient se substituer à l’autorité de l’Etat. « Et d’ailleurs, et ça je dois le rappeler, les forces d’occupation n’ont aucun droit, aucune légitimité de prendre les mesures d’une telle portée parce que, souvenez-vous, lorsque nous parlions ici de l’accord de principe, dans l’accord de principe, il est fait référence à la Constitution qui doit être respectée », a conclu Patrick Muyaya.
Engagement de l’Etat réaffirmé
Abondant dans le même sens, la Ministre d’Etat, Ministre de l’Education Nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a apporté des assurances claires et fermes. Pour elle, il n’y a aucune ambiguïté : la gratuité est et demeure la règle sur chaque centimètre carré du territoire congolais.
« Nous réaffirmons la gratuité de l’enseignement primaire public sur l’ensemble du territoire de la République Démocratique du Congo. L’Etat, comme il l’a fait avant, va continuer à travailler, à payer les enseignants et à payer les frais de fonctionnement des écoles », a-t-elle affirmé.
Pour contrer toute tentative de contournement, la patronne de l’Education nationale a mis en place des garde-fous administratifs stricts. « J’ai eu au courant du mois d’août à renvoyer plusieurs directives à l’ensemble des gouverneurs provinciaux pour qu’aucun frais au niveau de l’enseignement primaire public ne soit exigé. Et tout arrêté qui est pris au niveau des provinces, ces arrêtés doivent être envoyés au gouvernement central pour qu’ils soient validés avant qu’ils ne soient effectifs », a-t-elle précisé.
Avec une pensée pour les familles prises en otage dans les zones occupées, elle a ajouté : « Je trouve qu’ici, c’est vraiment un appel à la raison et à l’idée que l’on revienne bien à cette mesure de la gratuité. Il faut impérativement qu’on pense à ces familles qui souffrent ».
Un plan quinquennal pour transformer l’éducation
Au-delà de la gestion de la crise actuelle, la Ministre Raïssa Malu a profité de cette tribune pour dévoiler sa vision à long terme, encapsulée dans un ambitieux plan quinquennal 2024-2029. Ce plan vise à faire de l’éducation ‘’Le centre du développement durable dans nos territoires et également celui de la Citoyenneté responsable’’.
Ce projet repose sur cinq principes directeurs clairs :
- Le dialogue permanent avec toutes les parties prenantes.
- Le renforcement de l’administration pour garantir un système de qualité.
- L’investissement massif dans la formation des enseignants et des inspecteurs.
- La promotion de l’équité et de l’inclusion, avec un accent particulier sur la scolarisation des jeunes filles.
- L’intégration des technologies de l’information et de la communication (TIC).
Concrètement, la Ministre d’Etat a annoncé des chantiers majeurs. « On va continuer à accélérer la partie d’infrastructure donc la création de nouvelles salles de classe autant au niveau primaire que secondaire, ce qui va être le chantier cette année », a-t-elle annoncé. S’ajoute à cela la réforme des programmes scolaires et le renforcement de la gouvernance du système. « Notre objectif est que d’ici 2029 que le système éducatif congolais soit un modèle d’excellence en Afrique. Donc voilà les ambitions et le travail qui va nous occuper et qui est repris dans ce plan quinquennal que j’invite absolument tout le monde à s’en procurer », a affirmé la Ministre d’Etat.
Enfin, saluant la mobilisation exemplaire des enseignants et des partenaires éducatifs, Raïssa Malu a lancé un vibrant appel aux parents encore hésitants. « Permettez-moi de vous parler à vous papa et maman pour vous dire qu’il est important que vous envoyiez vos enfants à l’école parce que sachez qu’à l’école tous les jours comptent. C’est absolument important que les enfants reprennent le chemin de l’école et en particulier les filles qui ne peuvent pas rester à la maison ».
A travers cette double intervention, le Gouvernement congolais envoie un message de fermeté à ses agresseurs et un message d’espoir et de détermination à sa population : « L’éducation de ses enfants est une priorité absolue qui sera défendue et modernisée, quel qu’en soit le prix ».
La Pros.
