Le feuilleton judiciaire opposant Blandine Kawanda au gouvernement congolais vient de connaître un tournant décisif. Ce mercredi 2 septembre, le Conseil d’Etat a rejeté le recours de l’ancienne dirigeante de la Congolaise des Voies Maritimes (CVM), confirmant ainsi son éviction de l’entreprise publique sur fond d’allégations graves de malversations financières.
L’étau se resserre autour de Blandine Kawanda. Celle qui occupait les fonctions de Directrice Générale de la Congolaise des Voies Maritimes (CVM) a vu ses espoirs de réintégration s’envoler ce mercredi. Saisi par l’ex-DG pour contester la légalité de son « limogeage », le Conseil d’Etat, plus haute juridiction administrative du pays, a rendu un arrêt la déboutant de sa plainte contre le gouvernement.
Un dossier à 44 millions de dollars
Au cœur de cette affaire, des accusations qui font trembler le secteur des entreprises publiques. Blandine Kawanda est soupçonnée d’une « tentative de détournement » portant sur une somme colossale de 44 millions de dollars américains.
Selon des sources proches du dossier, ces fonds étaient initialement destinés à des projets de modernisation et d’entretien des voies maritimes, une mission régalienne de la CVM pour assurer la navigabilité du fleuve Congo. La découverte de mouvements financiers suspects aurait poussé la tutelle à prendre des mesures conservatoires immédiates, aboutissant à sa mise à pied.
La stratégie de défense mise en échec
Pour Blandine Kawanda, cette éviction était perçue comme une procédure arbitraire ne respectant pas les formes administratives requises. Ses avocats avaient introduit un recours en annulation devant le Conseil d’Etat, espérant obtenir une suspension de la décision gouvernementale et son rétablissement dans ses fonctions.
Cependant, les juges du Conseil d’Etat ont estimé que les éléments présentés par le gouvernement justifiaient la mesure de révocation, compte tenu de la gravité des faits reprochés et de la nécessité de préserver les intérêts de l’Etat au sein de la CVM.
Un signal fort dans la lutte contre la corruption
Ce verdict est perçu par de nombreux observateurs comme une victoire pour la politique de « tolérance zéro » prônée par les autorités actuelles. La CVM, entreprise stratégique pour l’économie nationale, a souvent été au centre de polémiques liées à sa gestion financière et technique.
Avec le rejet de ce recours, la voie est désormais libre pour que la justice pénale puisse, le cas échéant, approfondir les enquêtes sur la destination réelle de ces 44 millions de dollars. Pour l’heure, Blandine Kawanda reste présumée innocente des faits de détournement, mais elle perd définitivement son bras de fer administratif pour récupérer son fauteuil de Directrice Générale.
L’affaire continue de susciter de vives réactions dans les milieux politiques et économiques de Kinshasa, où l’on attend désormais de voir si d’autres têtes tomberont dans le cadre de ce dossier.
César Nkangulu
