L’immersion a atteint son dernier virage. Hier, lundi 16 février 2026, les professionnels des médias qui participent à la 62ème session de formation de l’Union des Journalistes Africains (UJA), au Caire, en Egypte, ont visité le plateau des Pyramides de Gizeh. Construites durant la quatrième dynastie pour contenir les dépouilles des pharaons Khéops, Khéfren et Mykérinos, les célèbres Pyramides de Gizeh, patrimoines de l’Unesco depuis 1979, cachent une conviction philosophique fascinante. Lors de leur visite, les jeunes journalistes africains ont pu découvrir un récit riche, dépassant largement une simple dimension touristique. Selon une guide égyptienne, sollicitée pour accompagner la visite, l’idée derrière la construction des pyramides s’appuie profondément sur la conception des anciens égyptiens de la mort et de l’au-delà.
Avoir un tombeau et momifier la dépouille : conditions pour aller au paradis
« Les anciens Egyptiens avaient une croyance très forte. Ils croyaient à la vie après la mort. Ils ont observé le soleil, qui vient chaque jour de l’Est pour donner la lumière et la chaleur avant d’aller à l’Ouest pour se coucher. Et le jour suivant, le soleil revient de nouveau. Ils vont conclure que la vie des humains est comme le soleil. La mort ne va pas être la fin. Comme le soleil « meurt » et il « ressuscite » le jour suivant, les humains vont avoir, après la mort, une vie éternelle. C’est pour cela que le soleil était le dieu principal dans l’Égypte ancienne. Et, pour aller au paradis, où il y a la vie éternelle, il faut se préparer. C’est-à-dire, il fallait respecter les règles et les morales : ne pas tuer, ne pas tricher, etc. Selon la conception de l’Égypte ancienne, quand une personne meurt, elle va aller au monde inférieur où il y a un tribunal du Dieu Osiris qui jugera les morts. Si la personne traverse le tribunal, elle pourra aller à la vie éternelle », a-t-elle indiqué.
Origine de la forme des pyramides
Dans sa narration, la guide égyptienne a souligné un aspect historique souvent ignoré : le choix de la cité où sont construites, ce qu’elle a appelé, en d’autres termes, « les maisons éternelles ». Selon elle, la cité de Gizeh, située à plusieurs kilomètres du Caire, à l’Ouest du Nil, rappelle amplement le mouvement couchant du soleil, comme pour signifier la mort ou l’attente d’une vie nouvelle.
« La pyramide, c’est le tombeau d’un roi. Seulement les rois pouvaient avoir les tombeaux dans la forme d’une pyramide. Chaque pyramide est pour un roi. Les trois pyramides célèbres au monde se trouvent ici à Gizeh. Il y a, dans l’ensemble, 120 pyramides de plusieurs dimensions en Egypte. Celle de Khéops est la plus grande. Au milieu est celle de Khéfren et la troisième, la plus petite, est celle de Mykérinos… L’idée de la forme d’une pyramide est inspirée d’un rayon du soleil qui tombe des nuages. Et le soleil représente le dieu principal. On a estimé que si un roi est enterré sous cette forme, il va être directement sous la protection du dieu Râ », a renseigné la guide mobilisée par l’UJA.
Pendant plus de deux heures, au plateau de Gizeh, les journalistes venus d’une dizaine de pays africains ont parcouru le site avec attention, observant la précision des blocs de pierre et l’organisation remarquable des édifices funéraires.
Les explications fournies par la guide ont également permis de mieux comprendre les techniques de construction ainsi que la portée symbolique de ces monuments érigés en l’honneur des pharaons.
La visite s’est poursuivie devant le majestueux Sphinx de Gizeh, figure emblématique à tête humaine et corps de lion, gardien silencieux du plateau depuis des millénaires. Ce moment a suscité de l’admiration parmi les visiteurs, conscients d’être en présence d’un héritage historique d’une valeur inestimable.
Placées sous la gestion directe du Ministère du Tourisme et des Antiquités, les pyramides de Gizeh constituent, à ce jour, une force stratégique pour l’État égyptien en termes de mobilisation des ressources financières. Le site accueille des milliers de visiteurs étrangers et locaux tous les jours ouvrables. Pour y accéder, une somme de 350 Livres égyptiens est obligatoire, ce qui équivaut à 7 dollars américains.
Gloire Mfemfere, depuis Le Caire, en Egypte
