Yolande Elebe, ministre de la culture et Didi Kembwarss, penseur et opérateur culturel congolais
Lors d’un entretien avec votre journal, un opérateur culturel a appelé le gouvernement congolais de reconnaître et de transformer le ministère de la culture à un portefeuille créateur de valeur économique, symbolique et fiscale en République démocratique du Congo (RDC) en vue de faire du secteur un moteur de développement et de cohésion sociale.
« En RDC, le gouvernement doit reconnaître officiellement la culture comme un secteur économique à part entière, au même titre que les mines, l’agriculture ou les télécommunications. Cette reconnaissance va permettre de repenser le budget annuel alloué au secteur culturel. Car, la culture ne peut plus être considérée comme une simple détente ou un divertissement à l’ère des industries culturelles créatives (ICC) », a déclaré Didi Kembwarss, opérateur culturel congolais.
« Cette reconnaissance doit aussi se traduire par des actes concrets: priorités claires, continuité des décisions, et surtout volonté politique d’aller jusqu’au bout des réformes engagées par le ministère de tutelle», a-t-il ajouté.
Pour la source, le gouvernement doit changer de regard pour libérer le potentiel économique de la culture perçu comme un secteur moins budgétisé parce qu’il n’apporte pas grand-chose dans le trésor public.
« Depuis plusieurs décennies, le ministère de la culture en RDC figure parmi les institutions les moins dotées du budget national. Cette situation interroge profondément, tant le contraste est saisissant entre la richesse culturelle exceptionnelle du pays et les moyens dérisoires alloués à son principal organe de pilotage ».
L’opérateur culturel a appelé le gouvernement à revoir sa politique budgétaire dans le secteur culturel et de mettre des moyens importants au ministère afin qu’il soit en mesure de transformer les décisions prises en actions visibles, structurantes et mesurables, capables de produire un impact économique et social réel.
«Le problème du ministère de la Culture n’est donc pas seulement financier. Il est aussi conceptuel et politique. Tant que la culture sera perçue comme une charge, un luxe ou une activité secondaire, le ministère restera marginalisé, alors que c’est la culture qui a toujours fait rayonner l’image du pays partout dans le monde », a soutenu Didi Kembwarss.
Selon lui, partout, où la culture est pensée comme un investissement stratégique, elle devient un moteur de développement, de cohésion sociale et d’influence internationale.
« C’est à cette condition, que le ministère de la Culture pourra progressivement sortir de l’image de ministère budgétivore pour devenir un acteur crédible de création de valeur économique, au bénéfice des artistes, de l’État et de la nation », a-t-il dit.
L’opérateur congolais a, par ailleurs, salué et encouragé les efforts engagés par l’actuelle ministre de la Culture, Yolande Elebe qui a initié plusieurs orientations et pris des décisions importantes au cours de l’année écoulée. « Ses initiatives traduisent une volonté politique réelle. Mais le défi essentiel demeure : passer résolument du temps des annonces à celui des réalisations concrètes, malgré un budget insignifiant », a conclu Didi Kembwarss.
J.DIALA
