Le jeu se corse à Doha entre la délégation de Kinshasa et celle de Goma. La RDC se place, désormais, sur la troisième corde sur le ring au Qatar, prête à en finir dans sa prise de finition, avec le Rwanda en désarroi. Le rendez-vous de la capitale qatarie est l’achèvement du processus après la signature de l’accord de paix à l’Est congolais entre Kinshasa et Kigali à Washington.
Le Qatar avait reçu mission de rapprocher les vues entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23 pour un dialogue. Kinshasa qui avait toujours refusé d’adhérer à ce schéma de dialogue avec ce mouvement à la solde du Rwanda, a fini par jeter du lest.
Pour la première fois, il a franchi la ligne rouge en acceptant de négocier avec le l’AFC/M23 sous la facilitation du gouvernement qatari. Kigali en avait fait son cheval de bataille pour pousser Kinshasa à l’erreur dans son jusqu’au-boutisme. Pourtant, c’était l’occasion d’aider Kagame à vider son chargeur. Il y a épuisé ses munitions jusqu’à la dernière cartouche.
Entretemps, Kinshasa va continuer d’engranger des points auprès de ses partenaires qui vont se rendre, peu à peu, compte de la mauvaise foi du régime Kagame de voir la paix revenir à l’Est congolais après une trentaine d’années. Tous les partenaires ainsi que les USA pressent en vue d’un accord entre les délégués de Kinshasa et ceux de Goma sous la médiation qatarie.
Cet accord ne concerne que les deux parties, c’est-à-dire, Kinshasa et Goma après celui de Washington entre Kinshasa et Kigali. Pour ainsi dire que le gouvernement du Rwanda n’a plus rien avoir dans ce processus du Qatar étant donné son caractère ‘‘congolo-congolais’’.
Cependant, face aux enjeux et surtout à l’urgence de voir le parachèvement de processus de paix, Kigali dédouble la délégation des supposés congolais rebelles à Doha par une autre délégation conduite par le ministre rwandais de l’intérieur.
A cet effet, une annonce est tombée comme un couperet sur la table des négociations où la coalition AFC/M23 a sollicité de continuer à administrer les zones qu’elle occupe actuellement dans le Kivu pour une durée minimale de huit ans. C’est d’un revers de la main que la délégation de Kinshasa a rejeté cette proposition. Un camouflet pour ce mouvement à la solde de Kigali qui se dévoile comme de véritables pantins.
Ainsi, l’espoir de balkanisation tend à s’émousser après ce rejet de Kinshasa, mais également son refus d’adopter le brassage et le mixage comme mode d’intégration au sein des FARDC. Un nouvel échec pour le Rwanda qui croyait se rabattre sur le Qatar pour récupérer ce qu’il a perdu à Washington.
La Pros.