Dans la nuit du 8 au 9 septembre de l’année en cours, la terre du village Ntoyo, dans le territoire de Lubero, province du Nord-Kivu, a été aspergée, pour la énième fois, du sang des civils innocents qui ont été surpris par une incursion des rebelles des Forces Démocratiques Alliées (ADF). Sous la rage de ces atrocités en perpétuelles répétitions, les opposants politiques congolais, notamment Moïse Katumbi, Denis Mukwege et Prince Epenge, ont réagi de sitôt en condamnant fermement et en exigeant un deuil national de trois jours sur toute l’étendue du territoire national.
Lamuka et l’ADDCongo exigent des explications du régime Tshisekedi et un deuil national de trois jours
Prince Epenge, porte-parole de Lamuka et président de l’ADDCongo, s’est dit horrifié par ce nouveau massacre de civils.
Il a dénoncé la persistance des tueries et des enlèvements dans cette partie de la République Démocratique du Congo (RDC) malgré un déploiement effectif des forces loyalistes et de la MONUSCO, exigeant des explications du régime de Félix Tshisekedi sur les stratégies mises en place pour protéger les populations contre les assauts incessants des ADF-Ougandais.
« Malgré la présence de la Monusco, de l’armée congolaise et de l’armée ougandaise, les ADF semblent être comme des poissons dans l’eau, en train de tout balayer », a-t-il déclaré.
Lamuka et l’ADDCongo critiquent également la réaction tardive du gouvernement congolais face à la perte de plus de soixante-dix civils et dénoncent l’absence de proclamation d’un deuil national, alors que, selon eux, l’exécutif a préféré se focaliser sur la condamnation d’une attaque israélienne à Doha.
« Lamuka exige un deuil national de trois jours, en mémoire des plus de cent vingt Congolais tués le mardi 9 septembre, et demande aussi que le gouvernement mette tous les moyens nécessaires pour retrouver plus de cent compatriotes kidnappés par les ADF-Ougandais », a insisté Prince Epenge.
Denis Mukwege déplore l’absence de politique sécuritaire efficace
« Nous condamnons avec la plus grande fermeté le massacre de plus de 90 personnes perpétré par les terroristes ADF lors de l’attaque de Ntoyo, situé près de la zone minière de Manguredjipa dans le territoire de Lubero au Nord Kivu. Ce énième massacre à grande échelle s’inscrit dans un vide de gouvernance sécuritaire qui expose particulièrement la population civile qui compte chaque jour ses morts dans les Provinces en conflit », a-t-il déploré tout en sollicitant que les auteurs de « ces crimes de masse » répondent de leurs actes dans la stricte rigueur de la loi.
Il décrit le danger permanent qui guette la population de cette partie du territoire vivant sur des minerais stratégiques qui représentent une menace invariable. Il invite, par ailleurs, les congolais à dire NON à la barbarie.
«Nous sommes un peuple en danger, livré à lui-même. Hier, une zone de libre-échange ; aujourd’hui, une zone de libre extraction, où nos richesses constituent notre propre malheur et où les exactions se commettent en totale impunité. Notre salut et la paix durable ne viendront ni de Washington, ni de Doha. Réveillons-nous et recouvrons notre humanité et notre dignité. Ne banalisons jamais la violence et disons non à la barbarie », a indiqué le Prix Nobel de paix Denis Mukwege.
Moïse Katumbi : «La voie du dialogue inclusif est la seule capable de sortir le pays du chaos et de garantir aux Congolais paix, sécurité et dignité»
Ce massacre de plus de 70 vies fauchées est, pour le leader d’ENSEMBLE pour la République, une « véritable abomination » qui brise les cœurs des congolais.
« Le massacre de Ntoyo, dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu, est une véritable abomination qui brise nos cœurs : plus de 70 vies fauchées, peut-être 102, dont des femmes et des enfants. Sous l’état de siège décrété à répétition par Kinshasa, censé sécuriser l’Est de la RDC, les ADF massacrent dans une impunité révoltante, révélant l’échec total de l’Etat à protéger le droit sacré à la vie », a-t-il fustigé dans sa réaction à la suite des attaques des ADF à Lubero.
Pour lui, « cette nouvelle tragédie suscite une colère d’autant plus vive que les villageois avaient alerté et sollicité en vain la protection étatique ».
Il a, néanmoins, invité le pouvoir à choisir la voie du dialogue inclusif pour une sortie de crise efficace et effective en vue de garantir la paix, la sécurité et la dignité aux Congolais.
« Il est grand temps que le pouvoir accepte son échec, sorte de sa logique suicidaire d’exclusion et choisisse la voie du dialogue inclusif, seule capable de sortir le pays du chaos et de garantir aux Congolais paix, sécurité et dignité », a-t-il déclaré au terme de sa réaction.
La sécurité des milliers de déplacés dans la partie Est du pays est plus que préoccupante. Ces massacres perpétrés sur des civils innocents par les ADF dans cette région du pays sont, ni plus ni moins, une continuité des atrocités déjà enregistrées par le même mouvement rebelle dénoncés et condamnés le mois dernier. Il est plus que temps que le gouvernement ne ménage aucun effort pour traquer les auteurs et les traduire devant les juridictions compétentes pour qu’ils paient de leurs actes.
César Nkangulu
