La REGIDESO S.A a ouvert sa salle de vérité. Face à la presse le vendredi 6 février 2026, le Directeur Général David Tshilumba Mutombo, entouré du DGA Jean-Bosco Mwaka, ainsi que des directeurs régionaux Kin-Ouest et Kin-Est, Raymond Matundu et Adolphe Kamunayi, a livré une mise au point attendue sur l’état des usines, les travaux en cours et les grandes avancées techniques enregistrées dans la capitale. Conscient de l’enjeu lié à l’accès régulier à l’eau potable, le DG a rappelé la boussole institutionnelle qui est d’améliorer la desserte sur l’ensemble du pays, conformément aux orientations du Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, mises en exécution par le Gouvernement conduit par la Première Ministre Judith Suminwa.
Dès l’entame, David Tshilumba a tenu à situer l’ampleur des souffrances subies par les habitants de la partie Ouest de Kinshasa, citant Mont-Ngafula, Matadi-Kibala, Matadi-Mayo, la Cité Verte ou encore la Cité Maman Mobutu. Il a expliqué les raisons techniques de l’arrêt temporaire de l’usine de Lukaya, décision présentée comme une mesure de sécurité vitale.
«J’ai une pensée pour nos abonnés, nos clients de la partie ouest de la ville de Kinshasa. On sait qu’on a passé des moments extrêmement difficiles. Déjà en début novembre 2025, à cause des pluies diluviennes, la route Kimwenza a connu plusieurs têtes d’érosion, et ces érosions ont exposé la tuyauterie de la REGIDESO. Et donc, à cause de cette érosion, nous avions de manière sécuritaire arrêté l’exploitation de l’usine de Lukaya pour protéger l’infrastructure, pour éviter qu’il y ait des accidents», a souligné David Tshilumba Mutombo, en justifiant l’arrêt de l’usine de Lukaya par la pression exercée sur la tuyauterie sans support. Les solutions de fortune mises en place notamment, l’approvisionnement par camions-citernes, n’ont pas suffi à absorber la demande.
Le patron de la REGIDESO a salué l’implication du Gouvernement et de plusieurs services techniques, mobilisés pour remblayer l’érosion et sécuriser la conduite.
«Je voudrais dire merci aux membres du gouvernement, à Mme la Première Ministre, au Ministres des infrastructures, au DG de l’OVD, et au DG du Foner pour l’assistance dans le remblayage de cette érosion pour que cette tuyauterie soit totalement recouverte aujourd’hui et que nous soyons capables d’amener de l’eau. »
Résultat : l’usine de Lukaya a repris, avec une production annoncée à près de 40.000 m³ par jour, un volume qui améliore sensiblement la situation, même s’il demeure en deçà des besoins.
Pour l’Est de la capitale, le message est plus nuancé. La REGIDESO dit maintenir un service partiel, tout en privilégiant la protection des installations, en attendant la fin des travaux de remblayage.
« Je voudrais aussi dire à ceux qui sont à Kimbanseke que nous envoyons une portion de notre capacité de protection de l’usine de Lemba-Imbu. Les travaux sont également en cours pour améliorer l’érosion dans ce coin. Aussitôt que cela sera terminé, la capacité totale de l’usine sera fonctionnelle. A l’Ouest, il y a de l’eau comme d’habitude. A l’Est, nous donnons un peu moins parce qu’on ne peut pas exposer les infrastructures », a-t-il souligné.
Dans l’intervalle, la REGIDESO maintient la réponse d’urgence pour les besoins critiques : hôpitaux, écoles, services essentiels.
L’autre annonce majeure, présentée comme un saut qualitatif pour Kinshasa, concerne la fin et la mise en service du 3ème module d’Ozone, avec des tests en cours.
«Nous avons fini le 3ème module d’Ozone. Et comme ce 3ème module d’Ozone est terminé, les tests sont en cours, et les usines fonctionnent. Et donc, nous avons de l’eau encore pour 2 millions de personnes additionnelles à ce jour. », a annoncé le DG de la REGIDESO. Il a évoqué des efforts extraordinaires et salue l’ensemble de la chaîne d’exécution, y compris l’appui à la gestion fiduciaire.
Priorité aux zones longtemps privées d’eau
La nouvelle capacité, indique-t-il, sera orientée vers des communes ayant connu des années de service irrégulier, voire absent : Bumbu, Makala, Bandal, ainsi que plusieurs communes du centre et du sud.
La REGIDESO a annoncé l’achèvement du rinçage du grand réservoir de 24 000 mètres cubes souvent de Makala, et la quasi-finalisation des rinçages des nouvelles conduites. Pour l’entreprise, la mise en exploitation de tels ouvrages est une exigence de cohérence publique.
«C’est des ouvrages d’une importance capitale. Que ces ouvrages soient, alors, sans être utilisés, ce n’est pas idéal. Aujourd’hui, nous allons voir l’utilité de ces ouvrages pour lesquels le gouvernement a investi beaucoup d’argent ».
Appel aux ménages
Autre tonalité forte du point de presse, l’appel aux habitants des zones longtemps privées d’eau à préparer leurs installations afin d’éviter les surprises au retour du service.
«Il faut regarder vos installations. Parce que les installations qui n’ont pas été utilisées pendant longtemps sont peut-être corrodées, sont peut-être non fonctionnelles. Il est temps que chacun puisse avant tout vérifier l’infrastructure pour que quand l’eau arrive, que ça ne soit pas une surprise », s’est exprimé David Tshilumba.
Sur le plan administratif, le DG invite aussi à se mettre en ordre : factures anciennes, abonnements interrompus, parcelles morcelées, situations non régularisées. Et de rappeler l’existence des raccordements sociaux à 50 dollars.
Dans un passage très direct, David Tshilumba s’attaque à un fléau récurrent : les usurpateurs et la petite corruption de proximité. Il demande aux habitants d’exiger les preuves d’identité professionnelle.
«Chacun doit avoir sa carte de service. Une personne qui vient chez vous sans carte de service n’est pas agent de la REGIDESO. Nous savons qu’il y a beaucoup d’usurpateurs là-dehors. Demandez la carte de service. La chose la plus importante, on ne donne pas de l’argent à un agent de la REGIDESO. L’argent, ça se paye en ligne, à la banque, ou dans les agences de la REGIDESO. Mais un agent ne peut pas venir chez vous demander de faire une transaction chez vous », a-t-il insisté.
Le DG met enfin en avant la digitalisation, affirmant que la situation du client peut être consultée via application, site web, ou téléphone.
«Avec tout ce qu’on a fourni comme efforts dans le digital, votre situation est disponible immédiatement sur vos téléphones avec [le] numéro [client], vous pouvez vous-même voir toute votre situation sur l’application REGIDESO ou sur le site web ou encore sur votre téléphone. »
En projection, la REGIDESO annonce des améliorations à venir à Kisenso.
«Il y aura une grande amélioration du service pour ceux qui sont dans la partie ouest. C’est pareil également pour ceux qui sont à Kisenso, où nous construisons un réservoir. Il y aura de l’eau qui va arriver là où les gens n’ont pas eu de l’eau depuis très longtemps.»
Une pensée pour les agents dans l’Est du pays
Le DG a aussi élargi le regard vers les provinces, évoquant particulièrement le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, où les équipes travailleraient dans un contexte d’insécurité et de crise sociale.
«Je voudrais qu’on ait une pensée pour nos abonnés qui sont dans le Nord-Kivu et dans le Sud-Kivu, pour les agents de la REGIDESO qui travaillent dans des conditions très difficiles. Ces agents passent des situations extrêmement difficiles. Les mois d’impaiement des salaires dans le Sud-Kivu, nous en sommes à 11 mois. Pour Goma, c’est pareil », a-t-il déploré.
La Pros.
