L’être humain a deux vies. La première s’appelle survie. Elle renvoie à une perspective biologique et résignée. C’est tout simplement être en vie, et vivre sa vie, à tout prix, malgré tout. Cette vie, à la limite végétative, se rapporte à la croissance et la conservation d’un être selon des principes organiques. L’être humain a cette vie en partage avec les animaux et les plantes.
La deuxième vie s’appelle existence. Celle-ci commence dès que l’être humain prend conscience de sa finitude et se dit prêt à mourir à tout moment. Il s’arrache illico de la vanité de tout avoir à durée éphémère, s’interdit toute nuisance à autrui, et devient un inconditionnel de la loi morale.
De fil en aiguille, il prend la mesure de la valeur de chaque instant de vie, s’éloigne de tous les maux pouvant nuire à son équilibre intérieur, et dirige son être vers des comportements sages et sains. C’est pourquoi, l’horizon de la mort ne fait pas qu’éclairer la vie. Au-delà de faire advenir l’être humain addict aux vertus du bon sens, la mort donne les clés de l’immortalité en guidant la vie.
A partir de cette prise de conscience, l’être humain se convainc du bien-fondé de l’agir éthique ainsi que de la magnificence de la fortune morale et cognitive. C’est donc en toute logique qu’il va chercher à donner un sens à sa vie, et si possible, un but élevé à son destin individuel. Par ce fait, il fait mieux que vivre : il existe !
Si l’on vit au travers de soi et pour soi, on existe au travers des interactions avec les autres. Ces interrelations laissent des traces qui, lorsqu’elles sont bienfaisantes, deviennent ineffaçables et tissent la toile des souvenirs partagés, de la mémoire commune…
Cet entrelacs de faits et gestes dignes de mémoire enfante, au sein des groupes humains, un phénomène mémoriel qui se nomme conscience historique, se prénomme civilisation et se surnomme culture. Telle est la raison pour laquelle cette «existence» est essentiellement une notion métaphysique, qui renvoie à la spécificité de l’être humain.
A ceux et celles qui rêvent de vie éternelle, cet ouvrage explique comment, d’une part, la vie s’épure en se laissant guidée par la conscience tant de la mort biologique individuelle que de la mort sociale dite extinction collective. Mieux, si cet entendement permet l’immortalité individuelle ici-bas, la sommation des existences éduquées par la mort est le seul véritable antidote contre toute mort sociale. Ainsi parle-t-on de peuple ou de patrie !
Ce livre, « La mort au secours de la vie », est une exhortation à faire de la mort la principale boussole de la vie. C’est donc une invitation à regarder la mort en face, à l’accepter comme partie intégrante de la vie… Et par voie de conséquence : à ne plus vivre pour rien ; à vivre pour être utile ou agréable aux autres ; et enfin, à déplacer notre désir de Dieu et d’immortalité, de l’au-delà vers un quotidien où il serait enfin possible de bien-vivre ensemble.
Didier Mumengi est Sénateur, Président du CADICEC, Membre de l’Académie du Bon Sens, Conférencier, Consultant International et Formateur en Management et Communication. Titulaire de plusieurs décorations, Lauréat de nombreux prix littéraires, il est écrivain et auteur de plusieurs ouvrages et publications numériques.
