La Coupe du Monde Féminine de la FIFA 2023 débute en Australie et en Nouvelle-Zélande notamment, au Melbourne Rectangular Stadium.
Le problème mondial des paris sportifs illégaux, de la manipulation frauduleuse des compétitions et de l’implication du crime organisé dans le monde du sport a été abordé lors d’une conférence de l’ONU à Atlanta, aux États-Unis.
Les discussions de la conférence internationale sur la lutte contre la corruption, organisée à Atlanta par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), qui s’est tenue du 11 au 15 décembre, se sont appuyées sur le Rapport mondial sur la corruption dans le sport, publié par l’ONUDC en 2021, qui fait état d’une augmentation spectaculaire des paris illégaux, alimentée par les milliards de dollars qui transitent par le sport professionnel, ainsi que par la mondialisation et les progrès technologiques.
1.700 milliards de dollars sont pariés sur les marchés de paris illicites contrôlés par le crime organisé.
L’ONUDC, qui est à l’avant-garde des efforts internationaux visant à soutenir les gouvernements et les organisations sportives dans la prévention et la répression des délits sportifs par le biais de son programme de protection du sport contre la corruption et la criminalité économique, estime que jusqu’à 1.700 milliards de dollars sont pariés sur les marchés de paris illicites contrôlés par le crime organisé.
S’exprimant lors d’une session sur le sport et la corruption à la conférence, le responsable de la recherche au Conseil de la Fédération asiatique des courses sur la lutte contre les paris illégaux et la criminalité financière connexe, James Porteous, a déclaré que les paris illégaux sont désormais le « facteur numéro un qui alimente la corruption dans le sport », et a souligné que de nombreuses réglementations ont été rédigées au XIXe siècle et ne sont pas adaptées au monde de l’internet.
Les paris illégaux alimentent la corruption dans le sport.
Cotes fixes : lutte contre les matchs truqués
Les représentants des organisations de lutte contre la criminalité présents à l’événement, ont souligné l’ampleur du problème de la corruption.
Le Coordinateur de l’Unité de lutte contre la corruption d’INTERPOL (l’Organisation internationale de police criminelle, un organisme intergouvernemental), Humaid Al Ameemi, a expliqué que la manipulation des compétitions sportives, dits « matchs truqués », est un crime très organisé qui implique le blanchiment d’argent et d’autres activités illégales, et il a appelé à un meilleur partage des données.
- Al Ameemi a décrit la manipulation des compétitions comme une « porte d’entrée vers le crime ».
Le chef de l’unité chargée des menaces liées à la criminalité transnationale organisée au FBI (Federal Bureau of Investigation des États-Unis), Joseph Gillespie, a développé cette notion, soulignant que le Bureau s’intéresse vivement à la lutte contre la corruption dans le sport, car elle offre à la criminalité organisée des possibilités de faire des profits par le biais d’extorsions, de paris illégaux et d’autres activités illicites.
INTERPOL, l’ONUDC et le Comité international olympique (CIO) ont collaboré à l’élaboration d’un guide à l’intention des décideurs, afin de les aider à lutter contre la manipulation des compétitions et à mener des enquêtes efficaces à ce sujet.
Anita DeFrantz, membre du CIO et médaillée aux Jeux de 1976 à Montréal, a souligné l’importance d’une collaboration étroite entre les organisations sportives et les services chargés de l’application de la loi pour garantir l’intégrité et la crédibilité. Elle a mis en lumière le rôle du Partenariat international contre la corruption dans le sport (IPACS), qui regroupe des organisations sportives internationales, des gouvernements et des organismes intergouvernementaux, dont l’ONUDC.
L’ONUDC est à la pointe des efforts de lutte contre la corruption dans le sport.
