A quelques heures du dénouement de l’un des procès les plus suivis de l’année, le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) a publié, le vendredi dernier, un communiqué de presse pour fixer le cap. L’arrêt dans l’affaire opposant le Ministère public à Constant Mutamba Tungunga, ancien Ministre de la Justice, initialement reporté au 1erseptembre, sera finalement prononcé ce mardi 2 septembre 2025. Plus qu’une simple annonce de date, le document constitue une sévère mise en garde contre toute tentative d’intimidation ou de trouble à l’ordre public.
Un verdict très attendu
Le CSM informe l’opinion que le verdict dans l’affaire RP22/CR, où l’ancien Garde des Sceaux Constant Mutamba est poursuivi pour tentative de détournement de deniers publics, sera rendu ce mardi. Cette décision interviendra conformément à l’Ordonnance n°003 du Premier Président de la Cour de cassation, datée du 26 août 2025, qui avait prolongé le délai de délibération. L’affaire concerne des soupçons de malversations financières liées notamment à un projet de construction d’une prison.
Le cœur du message du CSM réside dans une clarification sans équivoque. L’organe judiciaire suprême note que ‘’cette affaire n’est ni particulière, ni spéciale par rapport aux précédentes déjà jugées par la même Cour’’. Par cette phrase, le CSM répond directement aux campagnes menées en faveur du prévenu. Le communiqué dénonce explicitement les tentatives de rendre spéciale cette affaire à travers des messages, images et vidéos sur les réseaux sociaux ainsi que par des marches ou manifestations publiques accompagnées des déclarations incendiaires et des propos déplacés à l’endroit de la Cour et des magistrats ».
Face à ce climat de tension, le CSM lance un appel solennel au calme et à la retenue. Il invite « tout citoyen intéressé par cette affaire à la retenue et à la stricte observance de lois de la République le jour du prononcé ».
Tolérance zéro pour les fauteurs de troubles
La mise en garde se fait plus directe et menaçante concernant d’éventuels rassemblements. Le Conseil ‘’déconseille tout attroupement dans les environs de la Cour ayant pour mobile de troubler l’ordre public’’. Les conséquences pour les contrevenants sont clairement énoncées : ‘’ils exposeront immédiatement leurs auteurs aux poursuites pénales’’. Cette fermeté rappelle de précédents communiqués où le CSM avait déjà mis en garde contre les troubles à l’ordre public lors des audiences de ce procès.
Le communiqué, signé par le Secrétaire permanent et Porte-parole Télesphore Nduba Kilima, réaffirme la primauté du droit sur l’émotion populaire. La justice, insiste-t-il, sera rendue « dans le respect des règles d’un procès équitable, non pas sous pression de la rue ni sous influence des réseaux sociaux mais en âme et conscience par des juges chevronnés, aguerris et indépendants établis par Dieu et la loi.
La Pros.
